La dangereuse épopée de Deep Sky Derelicts

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Quelque part, très loin dans l’espace, d’immenses épaves de vaisseaux spatiaux errent à la dérive. Il vous faudra pourtant les explorer, en découvrir les secrets, et espérer ne pas devenir des victimes des pièges et des horreurs que l’on y trouve. Si vous triomphez, vous pourrez mettre fin à cette vie de mercenaire, et quitter une fois pour toutes ces Deep Sky Derelicts.

Développé par Snowhound Games et d’abord lancé en 2018, avant d’être gratifié d’une « édition complète » à la fin mars de cette année, Deep Sky Derelicts s’amuse à mélanger les genres. En partie jeu de rôle, en partie jeu de combat tactique, en partie jeu d’aventure et d’exploration, le titre évoque notamment l’excellent Faster Than Light, notamment pour son système de génération semi-aléatoire des donjons, mais aussi Darkest Dungeon, entre autres pour son côté sombre et glauque.

Si ses personnages ne semblent pas nécessairement aussi tourmentés que ceux du titre de Red Hook Studios, l’atmosphère est quelque peu similaire: là aussi, tout tombe en ruines, les zones explorées font parfois froid dans le dos, et on a bien l’impression que la Mort nous guette au détour d’un corridor.

Le système de combats est aussi relativement semblable. Plutôt que de choisir parmi une liste d’actions, il faut plutôt choisir en « pigeant » une carte dans une pioche qui est brassée en début de combat, mais dont les options limitées forceront le joueur à effectuer des choix stratégiques essentiels: faut-il attaquer l’ennemi à ce tour, et risquer de se retrouver avec uniquement des cartes d’appoint, par exemple, au tour suivant? Vaut-il mieux « gaspiller » une carte en rechargeant son bouclier d’énergie, en attendant d’obtenir des choix plus intéressants dans quelques minutes? Si les affrontements peuvent ainsi être relativement directs et rapides en début de partie, il faudra rapidement apprendre à microgérer efficacement les personnages de son groupe pour en maximiser l’impact. On ne sait jamais quand une compétence en particulier peut s’avérer cruciale pour éviter la mort…

S’il est permis ici d’établir une nouvelle comparaison avec Darkest Dungeon, dont les thèmes de mort, de dégénérescence, de fin inéluctable sont largement transposés ici, avec ces vaisseaux engagés dans une lente spirale de destruction, ses occupants bien souvent poussés à la violence, quand ils ne sont pas carrément fous de rage ou de peur… Pourtant, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Quelque chose qui donne envie, après une heure ou deux, d’interrompre sa partie pour potentiellement la reprendre par la suite. Est-ce le niveau de difficulté qui peut parfois varier largement entre les rencontres et les missions, ce qui force à affronter des adversaires que l’on jugerait bien trop difficiles pour le niveau de ses propres personnages?

Est-ce plutôt le fait que nos personnages, contrairement à ceux de jeux plus poussés – et parfois plus sadiques, comme l’est justement Darkest Dungeon, ou même FTL, sous certains aspects –, ne semblent pas avoir de personnalité propre? Comment s’attacher à notre « médecin », ou à notre « bagarreur », si ceux-ci donnent l’impression de n’être que des entités génériques, justement?

Tout cela ne veut pas dire que Deep Sky Derelicts est un mauvais jeu, bien au contraire. Simplement, certains titres similaires semblent avoir davantage marqué la communauté des joueurs, ou réussi à se créer une petite niche, histoire de voir leur nom devenir synonyme de quelque chose de plus. Peut-être que Deep Sky Derelicts s’avérera être un joyau oublié d’ici quelques années. En attendant, le vaisseau mystérieux est bien vide.

Deep Sky Derelicts

Développeur: Snowhound Games

Éditeur: 1C Entertainment

Plateformes: Windows, Linux, Mac OS, Nintendo Switch (testé sur Windows/Steam)

Jeu disponible en français (interface et sous-titres)


Autres contenus:

Moons of Madness: Planète Terreur

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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