Suspense à l’américaine pour Sous la surface

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On le connaît avant tout pour son personnage de Victor Lessard, dont les aventures ont été portées au petit écran, mais la bande dessinée Sous la surface, adaptée du roman du même nom, permet de découvrir une autre facette de l’auteur québécois Martin Michaud.

En 1991, à Lowell au Massachussetts, une voiture déclarée volée par Patrick Adams, le fils d’un politicien influent, s’est abimée dans la rivière. En tentant de secourir les passagers, le jeune Chase Moore fût emporté par le courant, et son corps n’a jamais été retrouvé, laissant dans le deuil Leah Hammett, sa copine. Vingt-cinq ans plus tard, la jeune femme est maintenant mariée à Patrick Adams, le favori dans la course à l’investiture du Parti démocrate. Revenant sur les lieux du drame dans le cadre du « Super Tuesday », elle commence à recevoir des textos provenant supposément de Chase. S’agit-il d’une mauvaise blague, ou d’une manœuvre des adversaires politiques de son conjoint? En essayant de faire la lumière sur ces événements s’étant déroulés il y a un quart de siècle, Leah se retrouvera au cœur d’un dangereux complot, où la vérité pourrait détruire bien plus que la carrière de son époux.

La couverture de l’album

Sous la surface adapte en bande dessinée le roman du même nom de Martin Michaud. En s’inspirant du célèbre accident de voiture de Chappaquiddick impliquant Ted Kennedy et en puisant dans la culture politique des États-Unis, où les squelettes dans le placard d’un candidat peuvent miner souvent bien davantage ses chances d’être élu que les idées qu’il met de l’avant, le « maître québécois du suspense » livre un thriller adulte et intelligent, mais qui aurait pu être écrit par n’importe quel auteur américain. Loin de sa série Victor Lessard, mettant en vedette un inspecteur de la SQ, cette histoire de complot ne possède vraiment rien de québécois, à part le fait que Leah soit née à Montréal avant de déménager au Massachussetts, mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse faire à cette œuvre.

Une page de l’album

Très léchées, les illustrations de Marco Dominici semblent faites par ordinateur, mais la coloration vibrante de Cyril Saint-Blancat vient atténuer la froideur parfois associée aux images produites dans des logiciels de dessins. Après un premier tome qui s’attardait surtout à placer les nombreuses pièces du puzzle (lire notre critique ici), Sous la surface, Tome 2 est mieux rythmé et contient beaucoup plus d’action, avec ses fusillades, ses poursuites en voiture, ou ses altercations physiques, mais l’album comporte toujours énormément de têtes parlantes dans des chambres d’hôtel ou des restaurants, et bien que chaque environnement soit finement détaillé, toutes ces conversations finissent par donner un aspect un peu statique à la bande dessinée.

À part le fait qu’on ne retrouve rien de québécois dans ce récit de Martin Michaud, les amateurs de suspense et de politique américaine trouveront assurément leur compte avec Sous la surface, et son thriller aussi captivant qu’imprévisible.

Sous la surface, Tome 2, de Martin Michaud, Marco Dominici et Ghief. Publié aux éditions Kennes, 56 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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