L’horreur indicible de Madra

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Quel parent n’a jamais eu peur que son enfant soit agressé par un inconnu? Confrontés à cette horreur, le père et la mère du petit Sam s’engagent sur la pente très glissante de Madra, une pièce jouée sur la scène de la Petite Licorne.

Deux jeunes parents, Maddy et Alex, sont terrifiés lorsqu’ils apprennent que leur fils de trois ans a été emmené aux toilettes par un inconnu. A-t-il été observé, voire agressé? Impossible de le savoir, mais l’incident constitue un rappel douloureux du danger qui rôde un peu partout dans la société. Si Alex finira par se dire que l’affaire est close et qu’il faut passer à autre chose, Maddy, elle, se retrouvera prise dans une spirale mêlant paranoïa et désir tout à fait légitime de protéger sa progéniture.

La nécessité de protéger son enfant contre les horreurs de la vie quotidienne est une préoccupation vieille comme le monde que l’oeuvre de Frances Poet, traduite et adaptée par Marc-André Thibault, transpose dans ce qui est sans doute une ville moyenne qui pourrait exister partout au Québec. En fait, l’emplacement, voire le nom des personnages sont interchangeables: au coeur de la pièce, on trouve cette peur, justifiée ou non, de l’Autre, de l’inconnu, de celui ou celle dont on ignore les intentions.

Montée par le Théâtre Bistouri, Madra donne paradoxalement l’impression d’être jouée à la hache: en 1h30, on nous présente en rafale une mère qui devient hystérique, un père non pas absent mais particulièrement tête en l’air, mais surtout un Inconnu qui est évidemment large d’épaules, barbu et qui possède un petit côté menaçant. L’idée centrale de l’histoire a pourtant du bon, mais les ficelles sont apparentes à un point tel que l’ensemble devient quelque peu lassant. L’idée d’alterner entre drame et comédie vient aussi saper la construction dramatique que les acteurs tentent de mettre sur pied. Et les réactions démesurées de certains spectateurs, dont les cris d’effroi et les gros rires gras résonnaient entre les quatre murs de la petite salle de La Licorne, n’aidaient en rien à se laisser imprégner de l’atmosphère de la pièce.

Madra veut donc bien faire et démontre son audace en s’attaquant à un sujet particulièrement délicat. Dommage que l’exécution ne soit pas à la hauteur des attentes…

Madra, joué au Théâtre de la Licorne, jusqu’au 27 avril


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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