La petite Russie, entre leçon d’histoire et souvenirs de famille

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La grande vedette de la BD douce-amère La petite Russie, c’est la petite communauté de Guyenne, en Abitibi. Francis Desharnais y raconte comment son grand-père Marcel et sa grand-mère Antoinette se sont installés, dans les années 1940, dans cette colonie naissante, bien loin dans le nord, pour y fonder une famille – qui allait devenir nombreuse – et devenir agriculteurs. Une histoire vraie, donc, bien que romancée.

Fondée en 1947 en pleine forêt boréale, une région fort inhospitalière que ses premiers habitants tâchaient de défricher et d’exploiter, Guyenne était une coopérative avec des règles bien strictes, qui lui valurent le surnom de « Petite Russie ». Chacun devait verser la moitié de son salaire à la coopérative, qui était gérée par les hommes – et seulement les hommes – de la place, et il n’était pas question de sacrer ni de boire de la « bagosse », de l’alcool. Une expérience unique au Québec.

Marcel et Antoinette s’y sont impliqués corps et âme pendant une vingtaine d’années, tandis que leur famille grandissait.

La couverture de La Petite Russie

La petite Russie, c’est d’abord un hommage que l’auteur rend à ces bâtisseurs fiers et dévoués. Francis Desharnais s’est d’ailleurs inspiré du livre Guyenne, 20 ans de coopération sous le régime coopératif; et après… de son défunt grand-père.

Le résultat est plus charmant qu’ambitieux et se laisse lire avec plaisir. Les illustrations au style sobre et maîtrisé racontent le récit habilement et transmettent les émotions des personnages avec les nuances nécessaires. Le rythme varie, se fait plus lent dans les premières et dernières pages, notamment. La forêt abitibienne y parade dans toute sa splendeur : magnifique, mais aussi lourde et oppressante.

Il s’agit également d’une petite leçon d’histoire. L’auteur s’est d’ailleurs assuré la collaboration de l’historien Frédéric Lemieux, question de ne pas commettre de bévues.

Félix Leclerc y fait même un caméo! En Abitibi pour le tournage du film Les Brûlés, de Bernard Devlin, à la fin des années 1950, il était venu souper chez les Desharnais. Une visite marquante pour les Desharnais, que l’auteur n’allait pas passer sous silence.

La petite Russie, de Francis Desharnais, publié aux Éditions Pow Pow, 180 pages en noir et blanc


La couverture de Xavier

Dans Xavier, dernier volet de la trilogie La première, on retrouve Xavier et Alex, deux colocs un au grand coeur à l’aube de la vie d’adultes, mais encore tout à fait capables de faire des bêtises. Xavier s’y remet péniblement d’une rupture amoureuse, pendant qu’Alex file le parfait bonheur avec sa copine. La bédéiste lavalloise Velm s’y efforce de donner une voix authentique à ses personnages. Une BD axée sur les dialogues, qui rejoindra davantage les milléniaux.

La première (tome 3): Xavier, de Velm, publié aux Éditions Michel Quentin, 128 pages en noir et blanc


La couverture de Stat

Le moins que l’on puisse, c’est que les auteurs de Stats, une urgence en BD : Code bleu connaissent bien leur sujet: le scénariste François Paquet est urgentologue et le dessinateur est infirmier clinicien. Ils prennent un plaisir évident à raconter, dans le classique format une page = un gag, les histoires les plus absurdes qui peuvent se dérouler dans un hôpital. Les blagues n’atteignent pas nécessairement leur cible, mais les acteurs du réseau de la santé reconnaîtront assurément plusieurs situations qu’ils ont déjà vécues. Ceux-là esquisseront sans doute un sourire.

Stats, une urgence en BD: Code bleu, de François Paquet et Yves Lessard, publié chez Perro Éditeur, 48 pages en couleurs


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