Rigoletto, une valeur sûre

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C’est Rigoletto, un des opéras « populaires » de Giuseppe Verdi qui ouvrait, samedi soir, la 39e saison de l’Opéra de Montréal, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Les autres représentations auront lieu les 18, 20 et 22 septembre.

Sous la direction du chef italien Carlo Montanaro, on retrouve l’Orchestre Métropolitain et le Chœur de l’opéra de Montréal, préparé par Claude Webster. Les rôles principaux sont distribués de la façon suivante: James Westman, Rigoletto; Myriam Leblanc, Gilda; René Barbera, le Duc de Mantoue; Vartan Gabrielian, Sparafucile et Caroline Sproule, Maddalena.

Comme à l’habitude, ce sont des membres de l’Atelier Lyrique qui interprètent les rôles secondaires: Max van Wyck, Marullo; Sebastian Haboczki, Serviteur; Scott Brooks, Monterone ; Rose Naggar-Tremblay, Giovanna; Rocco Rupolo, Borsa; Elizabeth Polese, Comtesse Ceprano; Brenden Friesen, Comte Ceprano; et Andrea Núñez, Page.

L’orchestre et le chef invité ont livré une prestation extrêmement sensible, démontrant, tour à tour, autant de drame et de suspense que de joliesse, de vivacité et de joie de vivre.

La mise en scène est de Michael Cavanagh et la scénographie de Robert Dahlstrom qui a déjà à son actif des réalisations comme La flûte enchantée, Don Giovanni ou Fidelio.

L’époque choisie pour s’y faire dérouler l’action donne tout le loisir aux concepteurs de décors et de costumes de s’en donner à cœur joie, ce qui n’a pas manqué d’être fait. Tous les décors, sauf un, sont riches en couleur en détails et en profondeurs. Les costumes vont de pair et l’œil en est réjoui.

La mise en scène, cependant, est inégale. La plupart du temps, elle soutien bien l’action, à d’autres, elle ajoute au texte et à la musique, par exemple lorsque Rigoletto est moqué, suiteà l’enlèvement de sa supposée maîtresse. Mais elle peut aussi causer un peu d’ennui, comme lors de la scène où Rigoletto accompagne sa fille pour qu’elle constate la fourberie du Duc.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer dans ces pages, Rigoletto, c’est du bonbon pour les rôles titres pour qui les soli et les duos se multiplient. Même si le rôle de Rigoletto offre plus de temps d’antenne que celui du Duc, c’est résolument René Barbera qui a été la vedette masculine de la soirée. Mais il ne faut pas croire que James Westman n’a pas bien fait, d’autant plus que son jeu est plutôt convaincant. Si Scott Brooks nous a offert un Monterone convaincant, la fabuleuse voix de Vartan Gabrielian restera dans nos mémoires.

Du côté des voix féminines, si Caroline Sproule n’avait pas si bien fait, elle aurait été complètement éclipsée par la renversante Myriam Leblanc, en Gilda. Quel souffle, quelle pureté, quelle netteté, quelle présence! Voilà quelqu’un qu’il falloir inviter souvent à l’Opéra de Montréal et tant pis pour les autres villes.

Cette production de l’Opéra de Montréal fait partie des meilleures que nous avons entendu au cours des dernières années, sans contredit.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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