Musique – Un peu de pompe, dans certaines circonstances

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Samedi dernier, à la salle Marguerite-Bourgeoys du collège Regina Assumpta, avait lieu le concert de printemps de la 13e saison de l’OVNI, l’Orchestre à vents non identifié. Sous la direction de Jonathan Dagenais, ce ne sont pas moins d’une cinquantaine de musiciens qui ont livré un programme plutôt chargé.

Au programme :

Three celtic dances, Balmages (1975 – );

Danse Folesque à la Bulgare, Alexandra Fol (1981 – )

Quatre danses du ballet Estancia, Ginastera (1916 – 1983) /Arr. Desrosiers;

Dance movements, Philip Spark (1951 – )

L’oiseau de feu (1919), Igor Stravinsky (1882 – 1971)

Parmi les cinq œuvres au programme, trois ont été composées pour orchestre à vents alors que le Ginastera a été arrangé et que la version du ballet de Stravinsky est celle écrite en 1919, près de 10 ans après la création.

Dans le Balmages, l’orchestre a démontré une belle vivacité et a dépensé beaucoup d’énergie. Un attaque des cuivres a manqué de précision et le cymbaliste, au moment de se préparer à jouer, à heurté entre elles les cymbales… un petite note pour le moins imprévue. Tout au long de cette pièce, les percussions ont offert aux vents un solide appui.

La deuxième pièce, œuvre de la compositrice en résidence de l’OVNI pour 2017-2018, est apparue très technique et un peu aride. Dans sa forme même, elle permettait à chacune et chacun de mettre son instrument en valeur, à tour de rôle. Cependant, ce sont les tutti qui apportaient une unité certaine et qui réjouissaient davantage l’oreille.

La première partie du concert était complétée par des extraits du ballet Estancia. La première de ces danses a été jouée d’une façon impersonnelle, aurait-on dit, comme si les musiciens s’étaient tous investis dans la précision. Alors que la passion s’est mise de la partie dès la deuxième danse, allant grandissant jusqu’à la dernière où le plaisir ressenti par l’orchestre était palpable et contagieux.

Au retour de l’entracte, l’OVNI semblait au sommet de sa forme. À part le fait que certaines interventions des percussions étaient vraiment trop fortes, le Sparke et le Stravinsky qu’on nous a présentés ont reçu tous les honneurs qui leur sont dus. Dans le premier, nous avons eu droit à deux moments de grâces: la partie solo du hautbois de Véronique Guay, ma vedette de la soirée, et celle des trombones qui répondaient aux percussions. Le dynamisme du chef était plus qu’évident et il a su apporter beaucoup de prestance à l’interprétation.

Dans le second, dès les premières mesures, j’ai quitté le mode « prise de notes » et je me suis simplement régalé. Un mot pour résumer cette prestation de l’Oiseau de feu: majesté.

Le prochain concert de l’OVNI, qui promet d’être entraînant, aura lieu le 13 août prochain, dans un parc de l’Île Bizard.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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