La Commedia dell’arte s’invite chez Arion

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Ce n’est pas la première fois que l’orchestre baroque Arion se permet une incursion dans un répertoire qui est postérieur à l’époque baroque. Pour le dernier programme de sa série montréalaise 2017-2018, Arion s’est permis de piger dans le répertoire de W.A. Mozart et dans celui de Joseph Haydn.

Comme à l’habitude, le programme de la soirée suivait une ligne directrice. Cette fois, c’était la musique dite comique. Comme le cinéma nous l’a déjà décrit, il semble que Mozart ait eu, à l’occasion, des accès facétieux lorsqu’il composait et même lorsqu’il dédicaçait ses œuvres. Le corniste Pierre-Antoine Tremblay nous l’a bien expliqué, avant de nous montrer comment les possibilités de son instrument étaient augmentées avec l’usage de la main comme sourdine. Voilà un aspect de la présentation qui a su plaire à plusieurs.

Cependant, le principal invité du jour, M. Lorenzo Coppola, clarinettiste de son état, a voulu en faire beaucoup trop dans ses explications de la musique comique. À force de mimer la « geste » des interprètes d’opéra bouffa et même d’opéra seria, il s’est tourné en ridicule et en a fait décrocher plusieurs. Malgré cela, il n’a pas réussi à atténuer l’impression de satisfaction du public face à des interprétations plus que senties.

Parmi les moments forts de cette soirée, il faut certainement compter l’interprétation de M. Tremblay qui a démontré, avec brio, pratiquement toutes les possibilités qui s’offrent à un grand interprète de cor naturel. Peut-être un ou deux manques de justesse, mais tellement de virtuosité et de couleur qu’on aurait dit, à certains moments, qu’il jouait de deux instruments différents.

Est venue ensuite, pour sa deuxième présence ce soir-là, la soprano Andréanne Brisson-Paquin dans son interprétation de Susanna, dans l’air « Al desio di chi t’adora, K. 577. Des aigus juste assez forts, totalement maîtrisés et très expressifs et un dialogue très attendrissant avec le hautbois.

Par ailleurs, si l’orchestre avait peut-être un son un peu trop baroque, un peu trop « Arion » dans le premier Mozart, il s’est tout à fait repris dans le Haydn qui s’est avéré vif, expressif et franchement désopilant, ce qui était le but avoué de l’orchestre.

Encore une fois, Arion nous a proposé un programme hors de l’ordinaire et très assumé.

Soulignons qu’il s’agissait de la dernière série de représentations à laquelle prenait part Chantal Rémillard, violon solo et cofondatrice de l’ensemble Arion.

Au programme:

Wolfgang Amadeus Mozart

Tiré d’Idomeneo, re di Creta, KV 366  »Se il padre perdei »

Wolfgang Amadeus Mozart

Concerto pour cor no 3  en mi bémol majeur , K. 447

Allegro

Romance

Allegro

Wolfgang Amadeus Mozart

Vorrei spiegarvi, o Dio, KV418

Wolfgang Amadeus Mozart

l desio di chi t’adora, KV577,

Joseph Haydn (1732-1809)

Symphonie no 76 en mi bémol majeur Hob. 1 : 76

Allegro

Adagio, ma non troppo

Menuet (Allegretto) – Trio

Finale (Allegro, ma non troppo)


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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