Liam Neeson a tout à perdre dans The Commuter

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Le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra renoue pour une quatrième fois avec Liam Neeson avec The Commuter ou Dernier arrêt en version française au Québec, et ce, sans pour autant réinventer la formule avec un nouveau suspense qui divertit sans qu’on ait trop à se casser la tête.

Après avoir envoyé le réputé acteur dans les airs dans le plaisir coupable qu’était Non-Stop, et après s’être offert une petite pause récréative dans les bas-fonds de The Shallows pour embrasser ses premiers amours avec le genre horrifique, Collet-Serra revient sur terre en plaçant Liam Neeson en plein centre d’une immense conspiration qui se retourne rapidement contre lui.

Profitant de sa routine et ses longs déplacements en métro, il se retrouve dans l’obligation d’obéir à une tâche imposée par des demandeurs anonymes avant que plusieurs innocents se retrouvent morts par sa faute.

Le boîtier du coffret.

Le scénario sent le déjà vu et c’est quand même Ryan Engle qui revient à la charge après Non-Stop, aidé de deux nouveaux venus. Donc rien de surprenant ici ni de vraiment très original. On a certes cru que le projet essaierait des avenues audacieuses lors de son introduction qui faisait croire à de multiples temporalités, mais autre un couteux tour de passe-passe pour situer tout le reste et signaler la monotonie de la routine, le film prendra rapidement le chemin le plus fréqenté. Et même si on prend un certain plaisir à essayer d’anticiper comment tout cela va se dérouler, on doit admettre que le charme fonctionne à moins grande échelle.

Probablement parce que le rythme n’est pas aussi aisé, que le pendant dramatique est mis en trop grande importance et que l’histoire, essayant de titiller des thèmes très actuels (qu’on ne voudrait pas trop dévoiler), l’emporte souvent sur le plaisir qui devrait ressortir de cette série B involontairement volontaire. On développe d’ailleurs beaucoup trop les revirements en leur accordant un contexte et une raison d’être, diminuant énormément leur impact et le divertissement et la surprise qu’ils devraient représenter.

Il y a aussi que malgré le dévouement bien accueilli de l’irrésistible Liam Neeson, on regrette que si la distribution empile encore plusieurs noms de prestige tel que Vera Farmiga, Jonathan Banks, Patrick Wilson et même Sam Neill, ceux-ci ne soient définitivement pas utilisés à pleine capacité.

Au moins, la trame sonore bien rythmé de Roque Baños apporte un peu de panache et plus la tension s’accentue, plus le film devient amusant, surtout dans son dernier tour qui offre du plaisir et du ridicule à la tonne.

The Commuter ne dépasse donc rien de ce qu’il pouvait suggérer, mais il fait passer un moment relativement rapide (on aurait pu s’en tenir à un 80 minutes mieux dosé et encadré), en plus de certainement divertir sans mal.

5/10

The Commuter est disponible en DVD et Blu-Ray via VVS Films depuis le mardi 17 avril.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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