Gerard Butler impose sa loi dans votre salon avec Den of Thieves

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Pour sa première réalisation, Christian Gudegast a certainement vu très grand en voulant imiter de très près ses films préférés. Si le spectateur s’ennuie rapidement dans cette trop longue épopée opposant une bande de voleurs et une bande de méchants policiers aux méthodes discutables, le succès du film demeure retentissant, la suite à ce Den of Thieves ayant été rapidement annoncée suivant son incroyable popularité au box-office.

Il faut l’admettre, d’abord scénariste, Gudegast n’a rien fait de bien renversant, son A Man Apart n’ayant impressionné que les inconditionnels de Vin Diesel. Par contre, d’avoir collaboré à l’insipide suite de Olympus Has Fallen, le pénible London Has Fallen, lui a permis de se rapprocher de Gerard Butler, une présence nécessaire pour donner autant de tonus à son Den of Thieves.

Si l’on préfère Butler quand il ne se prend pas trop au sérieux comme dans le jouissif Geostorm, mais pas nécessairement pour ses qualités cela dit, on doit admettre que l’acteur prend son rôle très au sérieux ici et il parvient facilement à faire balancer les nuances, alors que le film en vient à nous faire constamment douter du côté auquel on veut s’associer.

C’est que le film montre en parallèle les démarches des voleurs et celles des policiers qui essayent de les arrêter, mais aucun des deux partis n’est nécessairement recommandable, plaçant constamment le spectateur dans une position singulière. Cela confère au long-métrage une dimension et une portée beaucoup plus ambitieuse en l’élevant davantage aux sagas mafieuses plutôt que de s’en tenir à un simple film de vol de banque.

Le boîtier du coffret.

Dommage, alors que la piètre distribution (il y a O’Shea Jackson Jr, le fils de l’autre rappeur, et 50 Cents, quand même) ne parvient pas à donner du relief aux personnages assez unidimensionnels et dont le destin nous intéresse que bien peu, et ce, assez rapidement. Disons également que même lorsque la trame sonore signée le pourtant ingénu Cliff Martinez se montre d’un moindre intérêt, lui qui a même réussi à rehausser avec brio la mésestimée comédie Game Night, on est dans une bien mauvaise situation.

Il faut l’admettre, la réalisation de Gudegast est quand même compétente et s’il y a des inconsistances ici et là et qu’il ne faut pas trop se concentrer sur les failles de son scénario, on a droit à quelques passages où le suspense fonctionne à plein régime. Cependant, celles-ci sont trop espacées et la tension n’est définitivement pas soutenue de bout en bout.

On en reste alors avec un film de seconde tenue convaincu de son intelligence et d’à quel point il est probablement en train de revigorer un genre qu’il ne fait que pasticher à la lettre. Si l’intérêt de voir apparaître une suite ne nous emballe pas tant, on peut quand même espérer que Gudegast embrassera avec plus de risques des aspirations et peut-être, ne sait-on jamais, offrir son propre The Raid 2.

Den of Thieves est disponible en DVD et Blu-Ray via VVS Films depuis le mardi 24 avril dernier.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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