12 Strong: entre vengeance et patriotisme

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Mettant en vedette Chris Hemsworth et relatant la toute première mission des forces américaines contre les talibans au lendemain du 11 septembre, 12 Strong nous replonge aux touts débuts de la guerre contre le terrorisme.

Inspiré d’une histoire vraie, 12 Strong raconte une opération secrète des forces armées américaines déclassifiée depuis quelques années, soit celle du « Task Force Dagger », un groupe de douze soldats dirigé par le capitaine Mitch Nelson qui se portera volontaire pour livrer bataille à Al Qaïda au lendemain des attentats du 11 septembre. Déployée dans le nord de l’Afghanistan, cette escouade de choc portera le tout premier coup contre l’ennemi, en reprenant la ville de Mazâr-e Charîf d’entre les mains des talibans, et ce, en l’espace de vingt-et-un jours à peine.

La pochette du boîtier

12 Strong transmet bien le choc culturel des membres du Task Force Dagger débarquant dans un pays aux mœurs étranges où il est difficile de distinguer les alliés des ennemis, mais tandis que les Américains sont présentés comme des héros monolithiques, le long-métrage dépeint les Afghans eux-mêmes comme des victimes, des parasites ou des barbares. Le sentiment de vengeance des États-Unis, tout comme les improbables alliances avec les Seigneurs de guerre locaux, aurait pu apporter un peu de nuance à ce scénario hautement patriotique, mais l’ambigüité morale y est malheureusement occultée en faveur de scènes d’action.

Quand il ne brandit pas le marteau de Thor, Chris Hemsworth n’est pas toujours très bon, mais l’acteur se tire bien d’affaire dans le rôle principal du capitaine Mitch Nelson. Il est particulier que des comédiens possédant plus de talent (mais moins de pectoraux) comme Michael Peña ou l’excellent Michael Shannon ne disposent que de très peu de temps d’écran en comparaison à Hemsworth. Probablement par souci de réalisme, il n’y a aucun rôle féminin substantiel dans 12 Strong. Les épouses restent à la maison pour s’occuper des enfants pendant que les hommes vont libérer un pays où les fillettes n’ont pas le droit d’aller à l’école, ce qui est assez ironique.

Image tirée du film

Même s’il s’agit de son tout premier long-métrage, la réalisation de Nicolai Fuglsig est définitivement le point fort de 12 Strong. Bien qu’il ait principalement tourné au Nouveau-Mexique, le cinéaste reproduit les paysages arides et embrumés du nord de l’Afghanistan de façon crédible, et en plus de filmer très efficacement les nombreuses scènes d’action, comme les membres du Task Force Dagger et leurs alliés afghans se déplaçaient à cheval, la cinématographie combine l’esthétique du western à celle du film de guerre, ce qui produit une texture visuelle aussi unique qu’intéressante.

12 Strong est disponible en édition Combo Pack, contenant le long-métrage sur disques Blu-ray et DVD, et incluant aussi un code pour télécharger une copie numérique. Du côté du matériel supplémentaire, on compte un Making Of assez traditionnel d’une vingtaine de minutes mettant en vedette le réalisateur, les acteurs et les producteurs, mais aussi les vrais membres du Task Force Dagger. Une seconde revuette d’une dizaine de minutes portant sur la statue qui a été érigée en l’honneur de cette escouade à cheval complète le menu.

Ce n’est pas parce qu’une histoire est vraie qu’elle inspire nécessairement un bon long-métrage, et malgré une réalisation impeccable, 12 Strong propose un récit de patriotisme sans beaucoup de nuances, qui plaira surtout aux inconditionnels de films de guerre.

6/10

12 Strong

Réalisation : Nicolai Fuglsig

Scénario : Ted Telly et Peter Craig (d’après le roman de Doug Stanton)

Avec : Chris Hemsworth, Michael Shannon, Michael Peña, Navid Negahban et William Fichtner

Durée : 130 minutes

Format : Combo Pack

Langue : Anglais et français

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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