Father Figures: test de paternité

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Plus qu’une simple comédie de mœurs, Father Figures, le tout premier film du réalisateur Lawrence Sher, parvient à dérider tout en posant des questions essentielles sur la signification de la paternité à notre époque.

Toute leur vie, Kyle et Peter Reynolds ont cru que leur père était décédé d’un cancer du côlon alors qu’ils n’étaient que des enfants, ce qui a même motivé Peter à devenir proctologue et à passer ses journées dans « le rectum de ses patients » afin de combattre cette maladie. Lorsqu’ils découvrent que leur mère, Helen, était plutôt volage dans les années 1970 et qu’elle ignore lequel de ses amants l’a mise enceinte, les deux frères partiront sur la route et iront bouleverser l’existence d’une série d’hommes d’âge mûr à travers les États-Unis, dans l’espoir de retrouver celui qui serait leur géniteur.

La pochette du boîtier

Connu pour son travail de directeur photo sur des productions comme Paul, The Dictator ou The Hangover, Lawrence Sher signe sa toute première réalisation avec Father Figures. Évoquant le travail d’un Judd Apatow avec sa vulgarité doublée d’un bon cœur, cette comédie aigre-douce parvient à se démarquer en abordant le sujet de la paternité, et grâce à une succession de figures paternelles stéréotypées, de la légende du sport au policier émérite, en passant par le criminel endurci. Sa finale, à mille lieues des clichés hollywoodiens, est également plus satisfaisante que la moyenne des comédies.

Évidemment, tous les jumeaux ne sont pas identiques, mais rarement a-t-on vu des frères se ressembler aussi peu physiquement que Ed Helms et Owen Wilson, les vedettes du film. Heureusement, leurs performances, parfois drôles, parfois touchantes, nous font rapidement oublier ce détail. Father Figures compte une distribution de rêve, avec J.K. Simmons dans un personnage de vieux criminel détonnant agréablement de son répertoire habituel, Glenn Close, Christopher Walken, Harry Shearer, Ving Rhames, et même la légende du football américain Terry Bradshaw dans son propre rôle.

Image tirée du film

La longue expérience de Lawrence Sher comme directeur photo transparaît dans Father Figures, mais au-delà de ses images léchées et de ses cartes postales des États-Unis, le réalisateur maîtrise assez bien le médium que, contrairement à la majorité des comédies du genre où l’humour est livré exclusivement à travers les dialogues, des gags visuels sont insérés ici et là. Le film est disponible en version Combo Pack incluant un Blu-ray, un DVD, et une copie numérique. Onze scènes inédites ainsi qu’un montage des décrochages survenus sur le plateau constituent l’essentiel du matériel supplémentaire.

Peu de longs-métrages s’attardent à la figure paternelle de nos jours, et avec Father Figures, le réalisateur Lawrence Sher livre l’équivalent masculin d’un « film qui fait du bien ».

6.5/10

Father Figures

Réalisation : Lawrence Sher

Scénario : Justin Malen

Avec : Ed Helms, Owen Wilson, Glenn Close, J.K. Simmons, Christopher Walken et Ving Rhames

Durée : 113 minutes

Format : Combo Pack

Langue : Anglais, français, espagnol et portugais


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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