Antonio Banderas en a marre et passe à l’action

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Qu’on le veuille ou non, alors qu’on croyait l’avoir oublié, Antonio Banderas est en train de se recycler peu à peu en un genre de Jason Statham des séries B et a indubitablement du plaisir à jouer dans des productions inconnues dont personne n’a entendu parler.

Sans épater la galerie, disons que Acts of Vengeance divertit sans trop prendre de notre temps avec ses courtes 86 minutes.

Comme un John Wick des pauvres, le plus récent film d’Isaac Florentine se construit comme un roman et utilise des philosophies aux accents bouddhistes, ainsi que des citations du philosophe Marc-Aurèle pour décliner des réflexions sur le deuil, les remords et la vengeance.

On trouve, dans ce film, un avocat volubile qui regrette tout le temps non consacré à sa famille, famille qui fut assassinée alors qu’il devait la rejoindre; une autre fausse promesse parmi tant d’autres. Abattu, à la dérive, il chamboule toute sa vie et décide d’élaborer un plan de vengeance, convaincu que tout ceci est loin d’être le fruit du hasard.

La première heure de ce long-métrage de série B s’écoute sans mal. Banderas a de la gueule et même s’il faut s’habituer à l’utiliser de la police Times New Roman pour les nombreux intertitres et le générique, on ne s’ennuie pas.

Ensuite, ça dérape lorsqu’un chien entre dans le portrait; on implique aussi des sans-abris et une infirmière immigrante. Les invraisemblances finissent par dépasser les limites et, coup de théâtre, on réalise que la pochette du film a erré en nous faisant croire que la présence de Karl Urban était nécessaire pour nous inciter à écouter l’oeuvre.

La pochette du coffret.

Film ridicule à un point tel qu’il n’y a plus de place dans nos orbites pour y faire tourner nos yeux, Acts of Vengeance est pourtant trop timide sur le plan de la réalisation. On aurait ainsi pu y accepter et endosser les côtés à la fois risible et forcé de l’entreprise, voire absurde par moment, alors que le film pastiche tant d’autres œuvres similaires.

On aurait ainsi pu éviter d’offrir une facette beaucoup plus dramatique et axée sur la psychologie, tel un film voulant faire la preuve de ses bonnes intentions, chose qui ne fonctionne décidément pas très bien.

Mieux encore, le film aurait pu tirer profit d’un scénario plus sombre, Acts of Vengeance ayant après tout été écrit par un habitué des films d’horreur.

Il faut se le dire, malgré l’épaisseur de son curriculum vitae, Florentine est loin d’être un cinéaste de talent ou même un artiste véritablement intéressant.

L’œuvre ici présente va se ranger dans le même recoin que toutes ses autres, à défaut de nous avoir un peu changé les idées.

5/10

Acts of Vengeance est disponible en DVD et en Blu-Ray via VVS Films depuis le 12 décembre dernier.


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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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