Les cigales, ou si 2012 m’était contée

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En pleine grève étudiante de 2012, JP et Dave, deux amis de longue date, partent en road trip aux États-Unis. De son côté, la blonde de JP, Caro, récemment graduée du baccalauréat en enseignement et temporairement catapultée prof au secondaire, traversera, tout comme son copain et l’ami de ce dernier, une phase d’introspection douloureuse.

La couverture du roman

Récemment publié dans la collection Romanichels des éditions XYZ, Les cigales est le premier roman d’Antonin Marquis. On y suit donc, parallèlement, nos trois personnages lors d’une période de 10 jours, au plus fort du « Printemps érable ».

Les deux premiers, désireux de se retrouver après une longue absence, échoueront dans divers campings plus ou moins recommandables. JP, qui doit entrer à la maîtrise, se pose des questions sur sa vie. Quel avenir pour sa carrière dans le milieu artistique? Sa vie est confortable, certes, mais plusieurs interrogations demeurent. Idem pour Dave, qui, lui, n’a même pas été en mesure d’accéder aux cycles supérieurs. Bien rapidement, de plus, les deux amis d’enfance se rendent compte qu’ils se sont éloignés, qu’ils sont en quelque sorte devenus incompatibles.

Quant à Caro, elle constate que son parcours professionnel est potentiellement en contradiction avec ses convictions politiques. Grève étudiante et enseignement ne semblent en effet pas faire bon ménage. Mais quelque chose de plus profond la taraude. Son amoureux et elle-même se tiennent-ils pour acquis? Son couple est-il déjà sur la pente descendante?

Si l’on peut voir l’esquisse, dans ces Cigales, d’une démarche d’introspection et de questionnement pour les trois personnages principaux, force est de constater que l’on nage ici dans un schéma narratif plus que convenu. Après tout, qui ne s’est jamais posé de questions sur son avenir professionnel au sortir du baccalauréat, ou sur l’avenir de ses relations amoureuses?

Pire encore, l’auteur mélange ici un style narratif lourd et empesé à des dialogues d’un registre si familier que cela crée un clash littéraire rebutant. Comment tenter de suivre un argumentaire quasi-philosophique sur l’importance de la contestation étudiante quand on recense une majorité de jurons dans les déclarations des personnages?

Au final, le scénario n’a pas vraiment progressé, Dave et JP n’ont toujours pas cheminé dans leur réflexion professionnelle, pas plus que Caro n’a été en mesure de déterminer si son parcours éducatif et amoureux valait la peine d’être poursuivi. On a toutefois amplement bu et fumé… et c’est à peu près ça.

Un livre à oublier, donc. Et rapidement, si possible.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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