Hacktag, le jeu coopératif réinventé

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En 2029, deux agents sont chargés de s’infiltrer dans des installations adverses et d’effectuer des missions périlleuses pour le compte de leur employeur. Voilà ce que propose Hacktag, un jeu d’espionnage et de piratage informatique développé par Piece of Cake Studios.

« L’idée vient de mes deux associés, Marine et Xavier – parce qu’en fait, on a fondé le studio à trois personnes », explique au bout du fil Bérenger Dupré, en direct de Paris, où sont situés les locaux de l’entreprise. « Les deux forment un couple dans la vie; ils cherchaient donc un jeu pour deux personnes, et ils se sont rapidement rendus compte qu’il n’y avait plus beaucoup de titres spécifiquement conçus pour deux joueurs. Puisque les deux travaillaient déjà dans l’industrie du jeu, ils se sont lancés dans la création d’un jeu coopératif d’infiltration. »

Mais à la différence d’autres jeux coopératifs sortis ces dernières années, et plus spécifiquement des jeux multijoueurs dit « party games« , à la Overcooked ou Ultimate Chicken Horse, par exemple, Hacktag est « très stressant, et paradoxalement très bien fait pour que les couples s’engueulent », mentionne M. Dupré.

Quant à l’aspect espionnage / infiltration, celui-ci proviendrait de toutes les séries du genre que le couple écoutait à l’époque. Mais quid de l’aspect asymétrique? « Ce qui les intéressait, c’est que c’était un peu une chimère en matière de gameplay, un espèce de fantasme de joueur; on avait toujours envie de voir ce genre de jeu, mais ça n’aboutissait pas vraiment. Le jeu était soit trop compliqué ou trop lent. »

Voilà donc pourquoi Hacktag emprunte la voie du divertissement de type arcade, plutôt que de chercher à adhérer le plus possible aux exigences de la réalité. Et ce même si cette avenue a été envisagée pendant un temps, confie M. Dupré.

Pourquoi avoir choisi le multijoueur local, c’est-à-dire deux joueurs devant un seul ordinateur ou un seul écran de télévision? En effet, s’il sera possible de jouer en ligne, l’équipe privilégie fortement l’idée de retourner aux sources du jeu coopératif, et donc d’en finir le plus possibles avec la participation via le web. « Je crois que les éditeurs ont commencé à délaisser le multijoueur local lorsqu’ils se sont rendus compte qu’ils pouvaient vendre davantage de copies », lance, sourire en coin, le cofondateur de Piece of Cake Studios.

Mais la raison derrière ce choix pourrait être une simple affaire de convivialité: s’il était déjà possible pour les utilisateurs PC, dans la plupart des jeux, de contourner la nécessité de jouer via un service numérique en rassemblant plusieurs ordinateurs pour former un réseau local, il est encore plus simple de rassembler deux ou plusieurs personnes dans une même pièce, autour d’un seul appareil, avec seulement une poignée de manettes – et possiblement quelques bières. À l’image des jeux de société, dont la popularité croissante est entre autres attribuable à ces interactions sociales, les jeux coopératifs et multijoueurs en mode local profitent de ce retour du balancier dans ce domaine.

Les aléas de Steam

Alors que la date de lancement de la version en accès anticipé, le 18 mai, avance à grands pas,  M. Dupré confie qu’après un an et demie de travail, « on a l’impression qu’on n’a pas encore commencé le marathon ». Ce départ en accès anticipé est-il justifié, d’ailleurs, alors que l’expérience est positive pour certains jeux, mais dévastatrice pour d’autres? M. Dupré se fait rassurant: « On ne sait jamais vraiment comment les choses vont se passer en période d’accès anticipé, mais nous avons choisi cette avenue parce que nous voulons nous assurer que les joueurs sont satisfaits des fonctionnalités offertes. »

Car si le jeu a déjà reçu plusieurs prix lors de conventions et d’événements de l’industrie du jeu vidéo, « nous avons toujours montré la même section », reconnaît Bérenger Dupré. « Histoire d’éviter les problèmes. »

Pas de confirmation, sinon, à propos du prix demandé au lancement du titre, un peu plus tard cette année, mais M. Dupré parle d’un montant inférieur à 20 euros, soit moins d’une trentaine de dollars canadiens.

En attendant la période de test réservée aux invités, puis l’accès anticipé, il reste encore quelques jours pour trouver un compagnon prêt à jouer aux espions. Avis aux James Bond (ou aux Ethan Hunt) en herbe…

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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