Pénétration de l’être et dauphin intérieur

0

Semaine de lecture dédiée à la découverte et à l’exploration scénique d’œuvres de la dramaturgie contemporaine étrangère, Territoire de paroles se déroulait récemment au Théâtre Prospero.

Le troisième spectacle présenté était Insoutenablement longues étreintes d’Ivan Viripaev, dans une mise en scène de Florent Siaud.

Ce texte raconte l’histoire de quatre personnes : Monica, Charlie, Christophe et Amy. Monica s’est faite avorter sans en parler à Charlie, son mari. Christophe arrive à New York, de Berlin, et rencontre Amy. Amy est l’ex-copine de Charlie. Amy aime donner du plaisir et a recouché avec Charlie. Ils ont tous un lien et, surtout, un point commun: un serpent en eux, un dauphin en elles.

Territoire de paroles sert à l’exploration, je suis d’accord. La recherche d’un théâtre qui nous réunit par les mots; par le sens de ceux-ci, par leur écoute. Mais Insoutenablement longues étreintes ne réussit pas ce pari.

Ce qui aurait dû être philosophique, une réflexion sur l’amour, la mort, la vie, sur ce qui vit en chacun de nous, était plutôt fade. En effet, les acteurs récitaient leur texte avec un ton tellement lent que l’on en perdait parfois le sens. Les phrases s’étiraient et rendaient le tout particulièrement pompeux, malgré la prémisse et la distribution prometteuses.

Je suis restée dans l’attente insoutenable d’un changement de rythme. Quelque chose qui mettrait de la vie, si ce n’est que pour un instant, à ce moment de théâtre. Pendant une heure cinquante, je ne pouvais m’empêcher de me demander quand la pièce allait véritablement commencer. J’étais assoiffée de sens. Pourtant, le texte portait sur la recherche d’un bonheur absolu, qui se perd, qui ne se trouve peut-être jamais et que même l’amour ne peut pas sauver. Les acteurs avaient une technique irréprochable et de la bonne volonté dans le jeu, mais le ressenti ne se rendait pas de la scène à la salle.

En avant-propos, une courte performance de Robert Seven-Crows dans le cadre du Printemps autochtone d’art 3 qui présentait 5 minutes pour que je te dise. Un conteur touchant qui a chanté dans la langue de ses ancêtres.

La semaine de lecture Territoire de paroles se terminait ce weekend.

Partagez

À propos du journaliste

Emmanuelle Ceretti-Lafrance

Les mots favoris d'Emmanuelle Ceretti-Lafrance sont cucurbitacée, grivois, calembour et baliverne. Elle sait qu'elle a le plus long nom de la Terre. Elle est née à Montréal et dorlote sa belle métropole avec tendresse. Elle aime insérer de manière totalement décontractée des citations du Seigneur des anneaux et d'Harry Potter dans les conversations quotidiennes. Journaliste pour Pieuvre, elle affectionne particulièrement le théâtre, la littérature et la musique

Répondre