Le Jeu de l’amour et du hasard: s’aimer, malgré les masques

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Pour clore sa saison théâtrale, le Théâtre du Nouveau Monde nous offre le chef-d’œuvre de Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard, opus porté par six comédiens étincelants qui s’en donnent à cœur joie dans une effervescence de réparties pétillantes.

Rappelons brièvement l’histoire: Dorante (David Savard) est promis à Silvia (Bénédicte Décary), la fille d’Orgon (Henri Chassé). Une rencontre est décidée entre les futurs époux, mais ils ignorent qu’ils ont chacun imaginé le même stratagème, soit d’échanger leurs places avec celles de leurs domestiques, Arlequin et Lisette (hilarants, Marc Beaupré et Catherine Trudeau dont chacune des interventions provoque les rires), afin d’apprendre à connaître l’autre en douce avant de s’engager officiellement. Or, les couples réassortis sont pris à leur propre piège (Ah! l’Amour!), sous le regard amusé et éclairé du père et du frère (Philippe Thibault-Denis). Face à ce jeu de hasard, les protagonistes travestis jouent la comédie jusqu’à se perdre. Le « projet » donne lieu à un jeu de séduction teinté par une lutte de classes parfois cruelle où on saisit bien le vertige des personnages qui se débattent derrière leurs masques et mensonges afin d’être aimés pour ce qu’ils sont malgré leur rang et les convenances sociales.

La comédie, mise en scène brillamment par Alain Zouvi, enchante les spectateurs qui sortent grisés par la prose élégante et féconde, les histoires de chassés-croisés captivants, le rythme énergique, l’enchaînement de quiproquos cocasses et le jeu irréprochable de la troupe. Charmant, frais, et très drôle !

Mention spéciale aux décors épurés et lumineux de Jean Bard ainsi qu’aux costumes spectaculaires imaginés par Judy Jonker et son équipe.

La pièce est présentée au TNM jusqu’au 20 mai. L’occasion est immanquable pour découvrir – ou redécouvrir – ce classique chez les classiques.

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