Hamlet_Director’s Cut: seul au cœur de la folie

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Après leurs brillantes transpositions du Caligula d’Albert Camus (Caligula_remix) et du Dom Juan de Molière (Dom Juan_uncensored), le duo Marc Beaupré et François Blouin récidivent et nous présentent leur nouvelle création, leur superbe diamant brut: Hamlet_Director’s Cut. Et on a droit à un rare moment théâtral d’une exquise sensibilité.

Dans ce remixage dramaturgique, le comédien-metteur en scène et son acolyte artiste multimédia ont transformé le chef-d’œuvre de Shakespeare en solo, où Hamlet est entouré des ombres des personnages créés en direct par la capture de mouvements. Derrière un fin rideau transparent, Beaupré créé d’abord les personnages au fil de gestes, de danses, de ballets poétiques (et souvent très physiques) pour voir ensuite toute cette galerie (le père, la mère, l’oncle, l’ami, pour ne nommer que ceux-là) s’animer, s’activer, se former et se déformer au fur et à mesure de la narration de son affreux drame (la mort de son père). Le résultat est saisissant de beauté. Quand un grand classique et les nouvelles technologies se rencontrent, l’amalgame est sublime. Quel tour de force prodigieux! Si Beaupré a dépoussiéré l’œuvre phare en choisissant de nous l’offrir sous une forme très moderne (question de nous brasser un peu), on la reconnaît et on est surtout touché par la folie d’Hamlet.

Dans la petite salle du théâtre La Chapelle, Hamlet entre en scène, seul… sans artifice, sans décor, sans costume, ni accessoires. Seul avec ses doutes, sa démence, seul narrateur de sa propre histoire tragique. Que des mots, des gestes et quelques extraits musicaux parfaitement dosés. Que l’essentiel. Que le beau. Que le touchant. Il n’en faut pas plus pour que la magie opère.

Que le lecteur me pardonne cette très courte intervention. Nul besoin d’en rajouter. À l’instar des créateurs, j’ai choisi de m’en tenir à l’essentiel. J’ajouterai cependant que ce saisissant spectacle est présenté au théâtre La Chapelle jusqu’au 14 avril et qu’il est un incontournable de l’année. Rien de plus!

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