Crosseurs et rébellions en DVD

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Deux champions du box-office se disputent les tablettes des magasins et des vidéos dès mardi. Une belle chance pour les retardataires de rattraper deux dérivés, l’un, d’une des franchises les plus lucratives de tous les temps, l’autre, d’une des téléséries marquantes de la culture québécoise.

Dans les deux cas, déception peut s’ensuivre.

Rogue One – A Star Wars Story

La pochette du coffret

Histoire d’épuiser la vache à lait jusqu’à sa dernière goutte, Disney profite de la franchise des Star Wars pour pondre une histoire dérivée qui nous montre concrètement ce qu’on s’imaginait déjà, en ne manquant pas d’approfondir tout ce qu’on ne pouvait pas s’imaginer vers des territoires hasardeux. Mieux, ils profitent de la naïveté et la nostalgie de ses admirateurs pour les leurrer dans une production scandée comme différente et plus audacieuse que les produits originaux. Pour ceux qui ne se sont toujours pas remis du côté fade de Force Awakens, qui était pourtant d’une belle efficacité, on a bien envie de parler d’hypocrisie que de vanter autant Rogue One qui écrase de sa banalité et son manque d’intérêt.

Succession d’éléments d’une liste à cocher comme Disney aime tant le faire, de la romance improbable et impossible jusqu’au robot taquin, en passant par les relations familiales aussi torturées que tordues, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est un nihilisme envahissant et une violence plus accentuée qu’à l’habitude.

Il y a aussi cette distribution internationale bien dosée où des acteurs de talents inégaux se voient forcer de défendre des personnages auxquels il est impossible de s’attacher, à l’exception peut-être de Forest Whitaker qui de sa courte présence n’en fait qu’à sa tête avec une performance éclatée dont lui seul a le secret.

Pour le reste, il y a des trucs visuels réussis et d’autres beaucoup moins, d’où les nombreux débats qui en ont découlé, mais, au-delà du ridicule de nombreuses scènes, on salue quand même le côté grandiose du dernier acte qui en met plein les yeux et les oreilles.

Sinon, d’ordre général, on se sentira plutôt floués par cette proposition extrêmement opportuniste qui offrira un lot minimum de surprises et de véritable plaisir.

Pour les amateurs de suppléments, ils se retrouvent par milliers sur le disque Blu-ray uniquement, comme Disney adore les offrir.

5/10

En rappel, ma critique lors de sa sortie en salles.

Rogue One est disponible en DVD et en combo Blu-Ray/DVD dès le mardi 4 avril via Disney.

Votez Bougon

La pochette du coffret

Voilà une énième preuve que le passage du petit au grand écran n’est décidément pas aussi facile qu’on semble le croire alors que de passer d’un format de vingt minutes à un film d’une heure et demie ne soit définitivement pas le choix le plus reluisant pour nos Bougon favoris.

Semblant provenir d’une autre époque avec ses références et son humour daté, si l’on reconnaît les personnages, on a bien du mal à les retrouver dans ce gros flot de situations grotesques qui ne font ni queue ni tête. Ridicule à un point décourageant, l’ennui prend vite son mal en patience et ne reste plus que des moments humiliants autant pour les spectateurs que les comédiens qui se voient prisonniers de moments gênants dont on a très hâte de se débarrasser.

Ce qui surprend le plus toutefois, c’est que le manque de finesse de l’écriture nous ramène bien plus loin derrière que la décennie qui nous sépare de la diffusion du premier épisode de la télésérie mythique.

En voulant faire dans la provocation gratuite, on perd ici toute l’intelligence qui faisait le brio de la série et on ne trouve plus du tout les nombreuses critiques du système et de la société actuelle. Pire, cette réflexion arriérée sur la magouille de la politique fait tout sauf toucher à sa cible, livrant un discours qui n’a aucune portée, tout l’inverse du mésestimé Guibord s’en-va-t-en-guerre, le bijou trop oublié de Philippe Falardeau.

Si l’édition est dénuée de suppléments, on n’aurait pas dit non à quelques minutes de bloopers, histoire de possiblement racheter la mise pour au moins se faire croire que toute l’équipe s’est véritablement amusée en pondant ce merdier.

4/10

En rappel, ma critique lors de sa sortie en salles.

Votez Bougon est disponible en DVD et en Blu-Ray via Entract films dès le mardi 4 avril.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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