DESYNC, foire d’empoigne numérique

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Hugo Prévost

Le studio de développement de jeux vidéo The Foregone Syndicate tente de prendre d’assaut le marché du jeu de tir à la première personne en offrant DESYNC, un jeu débordant d’action s’adressant à ceux dont les réflexes sont les plus aiguisés. Hélas, en voulant trop s’adresser à ce public de niche, les développeurs ont accouché d’un titre excessivement difficile aux mécaniques brouillonnes.

Dans un univers numérique rappelant vivement la saga de science-fiction TronDESYNC fait circuler le joueur à travers une série d’arènes offrant corniches, corridors et pièges pour affronter des hordes d’ennemis sanguinaires. Ceux-ci, au comportement, à la vitesse et à l’endurance divers, donneront amplement de fil à retordre au héros humain, qui devra combiner rapidité de déplacement et propension à faire un usage (im)modéré des armes mises à sa disposition pour s’en sortir.

Afin de débloquer des habiletés et des armes supplémentaires, certaines façons de tuer les ennemis sont récompensées: style, audace, vitesse… tout cela est pris en compte dans le calculs de points donnant droit à un classement global. Pas question d’affronter d’autres joueurs, certes, mais le talent de tous et chacun sera évalué à l’aune de celui des autres propriétaires du titre.

Visuellement et musicalement, DESYNC impressionne. Les lignes épurées, les couleurs néon, tout cela rappelle encore une fois le voyage informatique de Tron, et plus précisément Tron 2.0, l’excellent jeu d’action sorti en 2003. Les développeurs ont toutefois « sali » ces lignes et ces textures habituellement bien propres sur elles. Après tout, le but du jeu semble être de récupérer des fragments pour parvenir à « réintégrer » notre personnalité, ou quelque chose du genre. Le jeu essaie d’établir un fond de scénario en début de jeu, mais le principe de la chose ne semble pas aller au-delà de l’acte de tuer des méchants. Et c’est probablement tant mieux ainsi. SUPERHOT avait tenté le coup avec un scénario emberlificoté, avec des résultats moyens.

Bien honnêtement, on se serait passé de cet aspect vieille vidéocassette. D’autant plus que le jeu met en garde contre de possibles crises d’épilepsie. La faute à ces couleurs délavées et à ces artefacts visuels ajoutés volontairement?

Par contre, côté musique, c’est presque parfait. De la très bonne musique électronique accompagne fort bien les séquences d’action. Pour tout amateur de new retrowave ou d’outrunDESYNC réussit son coup.

Malheureusement, c’est à peu près là que s’arrête le plaisir du jeu. En voulant possiblement copier SUPERHOT ou probablement Hotline MiamiDESYNC impose une barre de vie fort limitée et des ennemis particulièrement puissants et vicieux. Le joueur est bien sûr invité à retenter son coup, mais cela le ramène au tout début du niveau. Et contrairement aux deux jeux précédemment cités, la durée de ces niveaux s’évalue en plusieurs longues minutes, plutôt qu’en un court laps de temps. Minutes qui seront bien souvent passées à fuir les ennemis le plus rapidement possible, question d’avoir suffisamment de distance pour leur tirer dessus sans craindre d’être anéanti par surprise par un méchant surgissant dans notre dos.

Cela, c’est sans compter les armes dont on ignore parfois s’ils font des dégâts ou non, pas plus que l’on ne peut évaluer correctement la zone d’impact des projectiles. Bref, on avance un peu à l’aveuglette, et l’expérience en est d’autant plus frustrante.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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