Sherlock, Season Four: Holmes Sweet Holmes

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Patrick Robert

Les amateurs de Sherlock ont dû patienter un bon moment avant de connaître la suite des aventures de leur détective préféré, mais l’attente en valait la peine, puisque la quatrième saison de cette série télévisée de la BBC s’avère aussi jouissive que les précédentes.

La pochette du coffret

Bien qu’il ait vu son ennemi juré mourir sous ses yeux, une vidéo de James Moriarty diffusée à la fin de la saison précédente a mis la puce à l’oreille de Sherlock, qui doute maintenant de son décès. En attendant le prochain coup de son adversaire, le détective se consacre à ce qu’il fait de mieux : élucider des crimes inextricables. Dans The Six Thatchers, la destruction d’une série de bustes de collection de l’ancienne première ministre lui donnera du fil à retordre. Sombrant dans la consommation de drogue, Sherlock se butera au scepticisme de ses collègues lorsqu’il accuse un homme d’affaires bien en vue d’être un tueur en série dans The Lying Detective. Au cours d’un jeu particulièrement tordu et mortel, The Final Problem révèlera l’existence d’un autre membre de la famille Holmes, qui pourrait bien être relié au retour de Moriarty…

Sherlock est une série atypique, dont les épisodes d’une heure trente paraissent sporadiquement, soit quand les auteurs Mark Gatiss et Steven Moffat et les comédiens Benedict Cumberbatch et Martin Freeman réussissent à trouver un trou dans leurs horaires chargés pour en créer de nouveaux. À l’exception du Abominable Bride paru au début 2016, les admirateurs n’ont rien eu à se mettre sous la dent depuis la parution de la troisième saison (qui remonte déjà à 2014), et c’est donc avec beaucoup de plaisir qu’ils retrouveront les intrigues imprévisibles, les dialogues savoureux, et la brillante transposition dans le Londres d’aujourd’hui des célèbres personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle au 19e siècle.

La série continue se démarquer par la grande élégance de sa réalisation, et sa composition d’image recherchée. Des pans de texte se superposant à l’écran sont obscurcis par le passage d’un personnage, par exemple. Quand un client explique une affaire, le salon du 221b Baker Street est soudainement transporté sous la pluie, au beau milieu de la rue où se sont déroulés les événements relatés. Sherlock sera lentement englouti par un épais liquide noir pour illustrer sa perte de conscience. Les transitions sont tout aussi remarquables : l’image éclate comme un miroir fracassé pour céder la place à l’autre scène, ou, en démarrant, l’arrière d’une voiture dévoile le décor suivant, autant de touches visuelles qui élèvent encore un peu plus la qualité, déjà exceptionnelle, de cette production.

Comptant parmi les comédiens les plus doués de notre époque, Benedict Cumberbatch habite le personnage de Sherlock Holmes avec tellement d’authenticité et d’intensité qu’il devient le centre de l’attention dans chaque scène où il participe, et même s’il partage l’affiche avec un acteur de la trempe de Martin Freeman, qui incarne pourtant le docteur Watson avec brio, Cumberbatch vole la vedette à tout coup. Homme aux multiples talents, Mark Gatiss reprend son rôle du flegmatique Mycroft Holmes. Rien de tel que des vilains d’envergure pour prendre la mesure d’un héros, et cette quatrième saison n’en manque pas, grâce à la présence de Toby Jones et à son interprétation de Culverton Smith, l’un des tueurs en série les plus rusés qui soient. S’il est difficile de parler de son personnage sans gâcher l’intrigue, on peut toutefois dire que la performance de la comédienne Sian Brooke n’a rien à envier aux Hannibal Lecter de ce monde.

Le coffret Sherlock: Season Four contient trois épisodes d’une heure trente chacun sur deux disques, et même du côté de l’édition DVD, on compte plus de deux heures de matériel supplémentaire, de quoi combler le plus avide des fans de la série. Chaque épisode s’accompagne d’une revuette d’une vingtaine de minutes. On retrouve une discussion entre les deux auteurs à propos de la genèse de la quatrième saison. Un autre document nous plonge dans le processus de création, de la lecture de groupe du scénario jusqu’au tournage. Finalement, on a droit aux coulisses de l’appartement de John et Mary, au montage du décor du 221b Baker Street, ainsi qu’aux journaux vidéo de l’auteur et comédien Mark Gatiss et de Danny Hargreaves, le superviseur des effets spéciaux.

Avec sa conclusion, la quatrième saison de Sherlock pourrait aussi bien marquer la fin de la série qu’un second départ, mais puisqu’il s’agit haut la main d’une des meilleures productions du petit écran, on est prêts à attendre un autre trois ans s’il le faut pour avoir de nouvelles enquêtes du plus fin des limiers de l’Angleterre.

9/10

Sherlock: Season Four

Réalisation : Rachel Talalay, Nick Hurran, Benjamin Caron

Scénario : Mark Gatiss, Steven Moffat et Arthur Conan Doyle
Avec : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Una Stubbs, Rupert Graves et Amanda Abbington
Durée : 270 minutes
Format : DVD (2 disques)
Langue : Anglais seulement (avec sous-titres en anglais)

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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