Planet Earth 2: la beauté et la fragilité

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Hugo Prévost

Ils sont là, en haute définition, au ralenti ou en accéléré, dans tout ce qu’ils ont de majestueux. Ce sont les animaux et les oiseaux qui peuplent notre monde, ceux qui occupent les déserts comme les océans, les jungles comme les montagnes. Présentés de façon majestueuse dans l’extraordinaire deuxième volet de la télésérie documentaire Planet Earth, à la BBC, ces voisins affublés de fourrure, de plumes ou encore d’écailles sont aussi plus que jamais menacés par l’activité du plus destructeur des mammifères: l’homme.

Présentée en six épisodes d’une heure, Planet Earth 2 explore tout autant de biomes: les océans, les déserts, les montagnes, les plaines, la jungle et la ville. Narrée par l’irremplaçable David Attenborough, la série présente des informations géographiques et environnementales sur diverses régions du globe, mais aussi (et surtout) des plans à couper le souffle du quotidien des espèces vivant, chassant, se reproduisant et mourant un peu partout sur la planète. Ici, des flamands roses avancent avec précaution sur une étendue d’eau recouverte de givre. Là, des aigles se livrent une chaude lutte pour de la nourriture. Et un peu plus loin, des singes démontrent qu’il est possible de s’adapter et de prospérer en côtoyant l’humain.

Ce qui fait de nouveau la force de cette série, ce sont les plans spectaculaires et le souci apporté aux détails. Certains sont ont été ajoutés ici et là, par exemple, mais impossible d’inventer des séquences telles que cette course contre la mort de lézards venant à peine de naître et qui doivent parcourir une plage en quatrième vitesse pour échapper à une horde de serpents affamés.

Le narrateur, un vieux de la vieille qui a probablement décidé de reprendre le collier pour le plaisir plutôt que pour le salaire, évolue en terrain connu; M. Attenborough connaît parfaitement son sujet et est suffisamment à l’aise pour commenter avec brio – et parfois même une pointe d’humour – ce qui se déroule à l’écran. Ce faisant, il permet de confirmer que bien des espèces d’animaux qualifiés de « sauvages » sont en fait fortement semblables à l’homme. Après tout, l’idée de base de l’existence ne tourne-t-elle pas autour d’une poignée d’objectifs clairs, soit trouver de quoi se nourrir, se loger, et éventuellement se reproduire?

De leur côté, les caméramen du diffuseur public britannique réalisent des tours de force pour parvenir au résultat diffusé depuis un mois et demie, allant quelques fois jusqu’à passer des semaines dans des endroits reculés ou dangereux pour obtenir les images nécessaires. Un segment making of, présenté après chaque partie de la série, donne d’ailleurs des détails parfois époustouflants sur les méthodes employées par les équipes de tournage.

Planet Earth 2, c’est aussi le constat qu’il est impossible de continuer à séparer l’existence de la civilisation humaine de celle de toutes ces espèces animales. L’activité industrielle et économique de notre espèce a des impacts plus que majeurs sur les milieux de vie de millions d’espèces, dont un bon nombre risque carrément l’extinction des suites de notre consommation d’énergie et du développement des villes. Voilà, en fait, le message fondamental de David Attenborough et de son équipe: il faut préserver la nature, quitte à adapter nos villes pour faciliter la coexistence. Probablement pas pour apprendre à vivre en toute sécurité en compagnie des plus dangereux prédateurs, mais parce que ces mêmes animaux, aussi sauvages et violents soient-ils, ont eux aussi le droit de vivre sur notre planète.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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