Nos femmes: amitiés en crise

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Nathalie Lessard

Max, Paul et Simon sont amis de longue date. Une amitié joyeuse, assidue et sans nuages. Une amitié virile à base de parties de cartes, de pizza, d’alcool et de séances de bitchage contre leurs femmes respectives.

Ce soir, les boys ont rendez-vous chez Max pour leur partie de poker hebdomadaire. Quand Simon arrive anéanti et explique la raison de son retard (il a tué sa femme !), le trio sera sérieusement ébranlé. Que faire alors, dénoncer cet ami de toujours, ou lui trouver un alibi ? Mentir ou trahir, là est la question. Nuit de tergiversations et d’atermoiements en vue.

Dans la pièce Nos femmes, mise en scène par Michel Poirier, on observe un tas de remises en questions et on ausculte le cœur de trois hommes, sur fond de drame en huis clos.

Si Sylvain Marcel (Max), Guy Jodoin (Paul) et David Savard (Simon) campent leurs rôles avec aplomb et si certaines scènes cocasses font franchement rire malgré la situation pas drôle du tout, l’intrigue se réduit rapidement à un seul dilemme éculé : jusqu’où sommes-nous prêts à aller au nom de l’amitié?

Fort malheureusement, le spectateur est rarement touché par ces personnages-stéréotypes qui manquent de subtilité et éprouve peu d’empathie pour ces mâles quinquagénaires aux (nombreux) questionnements trop prévisibles et clichés. Il y a Max, le pragmatique borné et fort en gueule qui fuit les responsabilités, Paul, l’optimiste flasque et sensible, le trooper consensuel et indulgent prêt à défendre l’indéfendable, puis Simon, le playboy manipulateur et infidèle, angoissé par la solitude. Chacun possède deux facettes antagoniques, l’une assumée, l’autre refoulée. L’une jouant sur l’image de l’acteur, l’autre amenée de force par le scénario, les dialogues et les situations. Les trois hommes tentent de communiquer leur mal-être et leur sentiment d’échec et d’exprimer leurs oppositions (évidentes) et leurs jugements très caractérisés quant aux comportements des autres, de leurs amis… avant de réaliser avec dépit ce qui ne va pas dans leur propre vie. On a déjà vu.

Malgré le manque d’audace, on saluera néanmoins la complicité palpable des trois comédiens sur scène et les décors sublimes et impeccables, qui sont légion chez Duceppe.

La pièce Nos femmes est présentée chez Duceppe jusqu’au 3 décembre.

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