World of Warships: on a coulé mon porte-avions

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Hugo Prévost

Sur le champ de bataille chaudement disputé des jeux multijoueurs gratuits, le réseau Wargaming.net occupe un espace appréciable. Et aux côtés de World of Airplanes et World of TanksWorld of Warships offre une bonne dose de divertissement, en réussissant pratiquement à faire oublier l’omniprésence des microtransactions.

Décidément, la Deuxième Guerre mondiale a encore la cote. Ou sont-ce plutôt les deux conflits mondiaux qui multiplient les passionnés? Il y a eu Battlefield 1942 et une longue série de Call of Duty, bien sûr. Et il y aura très bientôt Battlefield 1, qui se déroulera durant la guerre de 14-18. Mais en plus de ces titres AAA payants, les options «gratuites» poussent comme de la mauvaise herbe, sans toutefois accoler une connotation négative à la chose.

Avec World of Warships – comme avec la quasi-totalité des titres du genre, qu’ils soient développés par l’entreprise russe Wargaming.net ou non -, l’idée est simple: diriger un engin de guerre et oblitérer ses adversaires, que ceux-ci soient sur terre, sur mer ou dans les airs. Dans le cas qui nous préoccupe, bien sûr, ce sont des destroyers, torpilleurs, croiseurs, cuirassés et autres porte-avions qui vont en découdre sur une poignée de cartes.

L’objectif? Outre la joie de faire exploser ou de couler l’ennemi, les joueurs sont incités à multiplier les affrontements pour gagner des points d’expérience pour améliorer leurs «montures», et éventuellement mettre la main sur le gouvernail de monstres de guerre toujours plus gros, plus menaçants ou plus agiles.

L’intérêt réside dans la coordination nécessaire pour s’assurer que ses tirs fassent mouche: le bateau peut être plus ou moins rapide, tourner plus ou moins facilement, la précision des armes varie forcément avec la distance; il faut aussi tenir compte de la vitesse et du mouvement des navires ennemis et des risques d’entrer en collision avec ses coéquipiers, ses ennemis ou le décor. Et le tout sous une pluie d’obus, à travers le sillage de torpilles ou sous les bombes lâchées par des avions.

Un lourd mandat, certainement, mais le système de progression permet de ne pas être projeté dans le feu de l’action contre des cuirassés lourds en étant aux commandes d’un rafiot armé d’un tire-pois.

Mais ce même système de progression est la proverbiale épine dans le pied de World of Warships. Car il faut bien que la compagnie fasse de l’argent, et avec un jeu gratuit, l’une des seules options est d’offrir des microtransactions. Les joueurs aux poches profondes peuvent donc s’offrir des navires exclusifs, ce qui passe toujours, mais aussi des points d’expérience. Ce dernier aspect serait sans doute plus supportable si les joueurs refusant de débourser de l’argent n’étaient pas confrontés à des barrières quasiment exponentielles pour passer d’un navire de guerre au suivant sur l’organigramme. On en est alors quittes pour répéter, encore et encore, les combats sur les mêmes quatre ou cinq cartes, avec plusieurs heures de jeu obligatoires devant soi.

Pour les heureux hommes aux poches profondes, World of Warships dispose de cartes remaniées qui sont offertes aux vaisseaux à la portée titanesque. Avec la plus récente mise à jour et la version 0.5.8, le jeu s’engage aussi plus avant dans la voie de la conquête terrestre avec le nouveau mode bastion, où les adversaires peuvent conquérir des forts lourdement armés et des postes d’observation, plutôt que de simples points de contrôle.

Sur le plan technique, World of Warships offre un niveau de détail qui impressionne pour un titre gratuit. De nouveaux navires sont fréquemment ajoutés, et il est maintenant possible de piloter des engins américains, japonais, russes, allemands et polonais. Il serait toutefois souhaitable d’introduire une dose d’inconnu en permettant par exemple de se battre sur des mers démontées, plutôt que sur un océan toujours calme.

Qu’on se le dise: World of Warships n’est pas un grand jeu, et est somme toute particulièrement répétitif. Mais sa prise en main rapide et la satisfaction offerte par un match enlevant supplantent – presque entièrement – la frustration liée à la répétition forcée.

 

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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