The Culling, la foire d’empoigne

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Hugo Prévost

« Et puisse le sort vous être favorable! » La célèbre phrase tirée de la série Hunger Games résonne indéniablement dans la tête du joueur lorsque vient le temps de se lancer dans The Culling, un jeu de combat massivement multijoueur développé par Xaviant.

Brièvement ouvert aux représentants des médias dans le cadre d’une version alpha fermée au public de samedi à lundi midi, le titre combine les aspects de divers jeux et oeuvres culturelles bien connus du public en une formule intéressante et efficace, mais qu’il a été difficile d’évaluer en profondeur.

Propulsé dans une arène gigantesque pour un combat à mort avec 15 autres participants, le joueur devra faire preuve d’astuce, voire de fourberie pour devenir l’unique survivant de cette sanglante mêlée générale. D’abord les mains vides, il faudra fabriquer ses armes, ou encore s’emparer de celles qui sont dissimulées un peu partout sur-le-champ de bataille. En ce sens, d’ailleurs, les développeurs assument le côté légèrement absurde de la chose: deux pierres collées ensemble forment magiquement un coutelas, tandis que deux branches créeront des pansements, un couteau et une branche fusionneront pour donner un arc, etc. De toute façon, l’idée n’est pas d’être entièrement réaliste, mais plutôt de s’en donner à coeur joie.

The Culling est ainsi différent de Hunger Games, se rapprochant davantage du grand ancêtre qu’est Battle Royale, ode jouissive à l’exagération japonaise. Blessés, les participants du jeu peuvent se vider de leur sang, ou encore être sonnés par l’explosion d’un piège installé par un adversaire, ou simplement parachuté par les maîtres malveillants de cette compétition qui semble être filmée pour le plus grand plaisir du public.

Vers la fin des 20 minutes et des poussières imparties pour un round, du gaz empoisonné pousse les combattants vers le centre de l’arène, précipitant donc un ultime massacre.

En poussant un peu la réflexion, il est possible d’imaginer qu’avec The Culling, les développeurs de chez Xaviant livrent un message sur la charge sociale des jeux vidéo en ligne: plutôt que de se tirer dessus parce qu’une équipe doit vaincre l’autre, comme dans tout bon clone de Call of Duty qui se respecte, on encourage la violence… dans le but d’encourager la violence, tout simplement. Lors de la victoire, il n’y a pas de trophée, pas de princesse à sauver, pas de fanfare. Un petit message s’affiche à l’écran, puis c’est le retour à l’écran d’accueil. De fait, l’exemple de H1Z1 vient en tête. Ce jeu qui devait mettre en scène des zombies dans un monde où le joueur doit se démener pour survivre est plutôt le lieu d’affrontements similaires à ceux de The Culling, le tout installé dans un titre qui semble perpétuellement en version test.

Où est l’attrait de combats sans objectif final? Le joueur peut-il se contenter d’être simplement le meilleur? Et pas le meilleur, en fait, mais simplement le plus futé, celui qui a réussi à survivre et à se débarrasser du dernier adversaire en fin de match. On voudrait établir un parallèle avec le principe de l’adaptation à son environnement pour faciliter la survie de l’individu que l’on ne s’y prendrait pas autrement. The Culling, exemple contemporain du darwinisme?

Concepts philosophiques mis à part, le jeu semble prometteur. Il faudra néanmoins que les développeurs se penchent soit sur le nombre de combattants, soit sur la taille de l’arène. On y survit effectivement un peu trop longtemps en errant seul dans les bois, où on y meurt en quelques minutes, tué par quelqu’un ayant étrangement déjà maîtrisé toutes les subtilités du jeu, et qui se présente armé d’explosifs et d’un sabre tranchant face à notre pitoyable arc fabriqué à la va-vite à l’aide d’un bout de bois et d’un couteau.

Le jeu pourra être acheté en mode accès anticipé au début du mois de mars.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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