Le pouvoir des mots pour soulager Haïti

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Un étage supérieur bondé, des lumières tamisées, le brouhaha du 5 à 7 qui s’étire en-dessous. Dans un coin, un micro sur pied, solitaire, attend qu’on veuille bien l’utiliser. À travers lui, des auteurs d’ici exprimeront leur peine et leur espoir pour Haïti, plus que jamais déchiré en deux.

Tenu hier à l’Amère à Boire, le Happening humanitaire et littéraire visait à amasser des fonds pour aider les efforts de secours dans la république antillaise. Quelques grands noms de la littérature et de la poésie québécoise, ainsi que des étudiants de différents programmes universitaires de littérature ont accepté de donner de prêter leur voix à cette noble cause. Les visiteurs pouvaient d’ailleurs miser sur les étudiants participants à cette lecture publique, les profits étant ensuite reversés à une oeuvre caritative. Le tout était organisé par l’Association des étudiants en littérature francophone de l’Université de Montréal.

Le professeur de littérature de langue française Michel Pierssens a ouvert le bal avec un extrait des Armes miraculeuses du regretté Aimé Césaire, celui que l’on qualifiait de « poète de la négritude ». « Heureusement, la littérature est là, pour toutes les circonstances », s’est exprimé Michel Pierssens à propos de la catastrophe qui a fait trembler les fondations de la première république noire.

Vint ensuite Stanley Péan; l’auteur bien connu y est allé d’une brève déclaration avant de réciter son extrait choisi, affirmant qu’il avait « cherché dans les vers et les écrivains qui ont fait de moi ce que je suis ». D’une voix forte, il a récité l’un de ses textes, Masacarade, écrit et publié lors de la tragédie des Gonaïves, en 2005. Le public était littéralement suspendu à ses lèvres, bercé par ses mots si judicieusement choisis, ces mots inspirés par une tragédie qui, déjà, ne pouvait être pleinement comprise que par les représentants de ce peuple sur lequel tout s’abat.

Bretrand Laverdure et Corinne Chevarier ont également livré de solides performances derrière le micro.

Côté monétaire, les organisateurs de la soirée ont réussi à amasser plus de 900 dollars. Malgré la générosité des spectateurs, on sentait que cet événement était davantage l’occasion de célébrer le stoïcisme et la résilience des intellectuels haïtiens, de ces penseurs, ces chercheurs, ces créateurs de sens et ces hommes d’esprit qui refusent de courber l’échine et combattent le chaos et le désespoir avec le Verbe comme seul allié.

Un prochain happening littéraire se tiendra à la librairie Olivieri le 5 février prochain.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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