The Church in the Darkness: retour à Jonestown

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Tenter d’extirper une personne des griffes d’une secte est rarement une partie de plaisir, sauf peut-être dans le contexte de The Church in the Darkness, un jeu d’infiltration dont l’intrigue rappelle fortement les événements de Jonestown en 1978.

Clairement inspiré par les tragiques événements de Jonestown en Guyane, The Church in the Darkness est un jeu d’infiltration assez inusité, qui met en vedette la Collective Justice Mission, une organisation religieuse fondée par Isaac Walker et sa sœur Rebecca.

Fuyant la « persécution » de leur gouvernement, le groupe a trouvé refuge en Amérique du Sud au milieu des années 1970, où ils ont fondé leur propre utopie socialiste sous la forme d’un village nommé Freedom Town. Le titre nous met dans la peau de Vic, un ancien policier qui, à la demande de sa sœur, tentera d’infiltrer l’endroit isolé dans la jungle afin d’en sauver son neveu Alex des griffes de la secte, mais une fois sur place, la présence de gardes armés jusqu’aux dents et de miradors compliqueront ce qui ne devait être qu’une simple mission de sauvetage.

Image tirée du jeu

En dépit de son contexte très chargé, The Church in the Darkness est une expérience d’infiltration dont les mécaniques seront immédiatement familières aux habitués de ce genre de jeu. Dans une vue isométrique au-dessus de l’action, on doit déplacer notre avatar à travers les rues de Freedom Town afin de trouver des indices qui permettront de localiser son neveu, tout en prenant soin de ne pas être repéré, ce qui est évidemment plus facile à dire qu’à faire. En appuyant le bouton B, les limites du champ de vision des membres de la secte apparaissent sous la forme de cônes de différentes couleurs. Le jaune indique qu’on est inaperçu, le rouge un état d’alerte et le vert un sympathisant à qui l’on peut parler sans déclencher d’alarme.

Le joueur dispose de certains outils pour mener à bien sa mission. En plus d’offrir une cachette, les armoires et meubles dans les maisons contiennent divers objets, dont des aliments redonnant des points de vie, des pierres servant à détourner l’attention des gardes, des morceaux de métal utilisés pour désactiver les alarmes, et même des pistolets. Malgré la présence d’armes à feu, The Church in the Darkness favorise l’approche furtive, et on est rapidement submergé par les membres de la secte lorsqu’on est repéré. On a le choix entre tuer ou simplement assommer les ennemis barrant notre route, mais les personnes évanouies se réveillent après quelques minutes à peine, ce qui est plus réaliste, mais peu pratique.

Image tirée du jeu

On ne dispose que d’une seule et unique vie dans The Church in the Darkness, et quand on meurt, on recommence de zéro. Au moins, le titre inclut quatre niveaux de difficulté pour fournir un défi à la mesure de chacun. Afin d’éviter la monotonie (et lui donner une grande valeur de rejouabilité par la même occasion), plusieurs éléments sont générés aléatoirement, comme le tracé de Freedom Town, notre point d’insertion sur la carte, ou la conclusion, qui se modifie en fonction des choix du joueur, mais ces variations touchent jusqu’aux croyances et motivations de la secte, et affectent aussi la dynamique entre ses membres. Chaque partie est donc légèrement différente. Les développeurs ont également fait un bon coup en engageant Ellen McLain (la voix de GLaDOS dans Portal) et John Patrick Lowrie (le sniper de Team Fortress 2) pour interpréter Rebecca et Isaac Walker.

Bien qu’il aborde un sujet délicat, The Church in the Darkness n’est pas un titre social ou politique, mais plutôt une expérience d’infiltration classique, presque rétro, qui, en plaçant son intrigue dans l’ombre de Jonestown, invite tout de même les joueurs à se questionner sur le phénomène des sectes.

6.5/10

The Church in The Darkness

Développeur : Paranoid Productions

Éditeur : Fellow Traveler

Plateformes : Mac, PC, Nintendo Switch, Playstation 4, Xbox One (testé sur Xbox One)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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