La Finlande, modèle de la lutte contre les fausses nouvelles

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Vérifier la source d’une info avant de la partager; comprendre pourquoi et comment une fausse nouvelle peut devenir virale; se méfier de ses émotions. A priori, ces conseils donnés dans diverses formations en Finlande ressemblent en tous points aux conseils du Détecteur de rumeurs dans ses propres formations. Mais en Finlande, on peut parler d’une priorité sociale.

Là-bas, c’est une véritable « initiative anti-fausses nouvelles » qu’a lancé le gouvernement dès 2014 et qui vise les étudiants, les adultes, mais aussi les journalistes et les politiciens. Un reportage récent du réseau américain CNN semblait s’étonner de l’ampleur de la chose, donnant en exemple un prof et sa présentation Power Point, dans un centre d’éducation des adultes, en train de passer en revue différents trucs pour repérer un troll sur Twitter.

L’organisme militant Open Society Institute, basé en Bulgarie, classait l’an dernier la Finlande en première place d’une liste des pays européens pour la qualité de l’éducation aux médias.

La situation géographique y est pour quelque chose: voisine immédiate de la Russie, la Finlande n’a pas eu à attendre les élections américaines de 2016 pour entendre parler des stratégies de désinformation de son puissant voisin, spécialement en temps d’élections. Mais au contraire de ce que l’on retrouve dans plusieurs pays où l’on commence à parler « d’éducation à l’information », des partenariats inédits se sont mis en place: par exemple, entre une école et le média en ligne Faktabaari, voué à la vérification des faits, pour la création d’une « boîte à outils » pour les élèves du primaire et du secondaire, sur les élections européennes qui avaient lieu le mois dernier.

La Finlande a aussi d’autres atouts qui jouent peut-être en sa faveur: elle figure traditionnellement dans le peloton de tête des pays pour le taux d’alphabétisation, ainsi que pour la liberté de la presse et pour la confiance qu’ont ses citoyens dans leurs médias.


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