Les souris du Louvre: s’amuser au musée

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De prime abord, des rongeurs, aussi mignons soient-ils, et un musée abritant de précieuses œuvres d’art peuvent sembler incompatibles. Pourtant, ils font bon ménage dans Les souris du Louvre, une nouvelle série jeunesse prometteuse.

Milo, un garçon de dix ans, connaît le Louvre comme le fond de sa poche, puisqu’il passe pratiquement toutes ses journées dans le célèbre musée à photographier non pas les toiles et les sculptures, qu’il a toutes vues milles fois, mais les réactions souvent émotives des gens devant ces chefs-d’œuvre. Un jour, sur l’un de ses clichés, il remarque une souris cachée derrière une statue qui semble l’observer. Lorsqu’il en parle à son ami Henryk, un gardien de sécurité à la retraite, ce dernier lui confie comment, il y a plus de quarante ans, il fût témoin d’une bien étrange bataille entre une armée de petits rongeurs portant l’uniforme de phalanges grecques et une autre vêtue en légion romaine. Bien déterminé à percer ce mystère, Milo fouillera les couloirs du musée avec une ardeur renouvelée, dans l’espoir d’entrer en contact avec cette civilisation miniature qui habiterait secrètement ses galeries.

La couverture de l’album

Imprégnés d’un certain décorum et remplis d’objets inestimables qu’il est absolument interdit de toucher, on peut facilement comprendre que les musées ne soient pas particulièrement attrayants pour les enfants, mais Les souris du Louvre pourrait bien changer les choses, et éveiller la curiosité des jeunes envers ces nobles institutions. Écrit par Joris Chamblain (le scénariste derrière Les carnets de Cerise), ce premier tome, intitulé Milo et le monde caché, introduit des personnages principaux forts sympathiques et un mystérieux peuple de souris ayant prêté le serment de protéger les œuvres d’art du Louvre, mais comme l’album ne compte qu’une trentaine de pages, le récit coupe court au moment où il devient intéressant, et il faudra attendre le second volume pour vraiment plonger au cœur de l’intrigue.

Une page de l’album

Avec ses humains dont la tête est un peu plus grosse proportionnellement que le reste du corps et ses souris aux formes arrondies vêtues de costumes d’époque, les illustrations de Sandrine Goalec s’adressent certes à un jeune public, mais l’artiste rend tout de même honneur au Louvre lui-même, en dessinant avec une profusion de détails l’entrée du musée et son imposante pyramide de verre et de métal. Elle reproduit plusieurs des sculptures et toiles qui y sont exposées, et nous fait même pénétrer en des lieux où le public n’a habituellement pas accès, comme la salle des Caryatides, où Molière a jadis joué pour Louis XIV. L’album se termine sur un texte expliquant comment, sous le gouvernement de François Mitterrand, le bâtiment, dont une partie abritait le ministère des Finances, a été entièrement converti en musée dans les années 1980.

Bien qu’elle soit un peu courte, la bande dessinée Milo et le monde caché constitue une excellente entrée en matière pour Les souris du Louvre, une nouvelle série qui, grâce à son intrigue fantastique, saura transmettre aux plus jeunes un peu de la magie qu’on retrouve dans les musées…

Les souris du Louvre 01. Milo et le monde caché, de Joris Chamblain, Sandrine Goalec et Drac. Publié aux Éditions Delcourt, 32 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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