Crazy Rich Asians: romance à Singapour

3

Après le mot-clé #OscarSoWhite et la controverse suscitée par l’embauche de Scarlett Johansson dans Ghost in the Shell, les studios de cinéma montrent qu’ils prennent la diversité culturelle au sérieux avec la sortie de Crazy Rich Asians, la première production hollywoodienne mettant en vedette une distribution exclusivement asiatique.

Convié au mariage de son meilleur ami à Singapour, Nick profite de l’occasion pour inviter sa copine, Rachel, à visiter la république et à rencontrer ses parents. D’emblée, le voyage s’amorce sur une fausse note, alors que la jeune femme découvre dans l’avion que son amoureux lui a caché certains détails de sa vie, et non des moindres. Non seulement est-il l’héritier des Young, une famille si fortunée et influente qu’elle est considérée comme de la royauté à travers l’Asie, mais Rachel reçoit un accueil plutôt tiède de la part de l’entourage de Nick, qui soupçonne la jeune femme d’en vouloir à son argent, sans oublier sa mère, qui ne la trouve pas assez bonne pour son fils et lui fera savoir ouvertement. L’amour de Rachel saura-t-il vaincre ces obstacles?

La pochette du boîtier

Bien que les bandes-annonces l’aient présenté comme une comédie, Crazy Rich Asians met beaucoup plus d’emphase sur la romance que les rires, au point de ressembler à un roman Harlequin dans une sauce asiatique. Le long-métrage est à son meilleur lorsqu’il exploite le choc culturel que vit Rachel, une jeune Chinoise née aux États-Unis qui visite son pays d’origine pour la première fois, mais ces moments cocasses de dépaysement sont malheureusement trop rares, et au final, c’est l’histoire d’amour entre cette femme issue d’un milieu modeste et l’héritier, riche et beau, de la famille Young, qui est mise de l’avant par le scénario. Le film présente même l’ultime mariage de princesse, qui en fera rêver plus d’une…

Autant en termes d’histoire que de réalisation, Crazy Rich Asians s’apparente à la version de luxe d’un soap opera d’après-midi à la télé, une impression renforcée par les décors somptueux et une opulence digne de La vie des gens riches et célèbres. Le réalisateur sait mettre en valeur la gastronomie locale, et à plusieurs reprises, sa caméra ouvre l’appétit en s’attardant aux tables remplies de mets exotiques. Entre tradition et modernité, Jon M. Chu s’amuse à dépeindre le mauvais goût des nouveaux riches de Singapour, avec un manoir particulièrement quétaine inspiré du Palais de Versailles et des toilettes de Donald Trump. Même la trame sonore respecte le concept, et compte entre autres une version en mandarin de la chanson Money (That’s What I Want), et une en cantonais du Material Girl de Madonna.

Image tirée du film

Sans livrer de grandes performances, le couple Constance Wu (Rachel) et Henry Golding (Nick) possède une bonne chimie à l’écran. Michelle Yeoh, l’interprète d’Aung San Suu Kyi dans The Lady, est parfaite dans le rôle de la mère sévère. Assûmant le côté plus humoristique de Crazy Rich Asians, Awkwafina (Ocean’s 8) incarne l’amie excentrique de Rachel, et Ronnie Chang (que les habitués du Daily Show with Trevor Noah connaissent bien) joue l’un des frères Young. On compte également la participation de Ken Jeong, le docteur devenu comédien que la plupart ont découvert dans The Hangover, ainsi que de l’hilarant Jimmy O. Yang, de la série Silicon Valley.

Crazy Rich Asians est disponible en édition Combo Pack, incluant le long-métrage sur disques Blu-ray et DVD, ainsi qu’un code pour télécharger une copie numérique. On ne trouve pas beaucoup de matériel supplémentaire sur l’édition. Une piste de commentaires livrée par le réalisateur Jon M. Chu et l’auteur Kevin Kwan, huit scènes retirées du montage, une courte revuette de sept minutes explorant la genèse du projet, ainsi qu’un « Gag Reel » (qui doit certainement compter parmi les moins drôles jamais vus) constitue l’essentiel du contenu additionnel.

On ne peut certainement pas reprocher à Hollywood de célébrer la diversité, mais avec son scénario à la limite du quétaine, Crazy Rich Asians se distingue uniquement des autres comédies romantiques par son portrait de la culture asiatique, et sa distribution.

6/10

Crazy Rich Asians

Réalisation : Jon M. Chu

Scénario : Peter Chiarelli et Adele Kim (d’après le roman de Kevin Kwan)

Avec : Constance Wu, Henry Golding, Michelle Yeoh, Gemma Chan, Lisa Lu et Awkwafina

Durée : 120 minutes

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol


Autres contenus:

Creed 2: revanche avec une dose de narcolepsie

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

3 commentaires

  1. Pingback: Critique Crazy Rich Asians - Patrick Robert

  2. Pingback: Règlement de compte en couleurs dans Blindspotting

  3. Pingback: Harry Potter et la coupe de feu en ciné-concert

Répondre