Bodyguard, une série à la sauce britannique

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Fortement populaire au Royaume-Uni, puis également encensée ailleurs sur la planète à la suite de sa mise en ligne sur Netflix, Bodyguard est une production en six épisodes mêlant terrorisme, syndrome post-traumatique, monoparentalité et espionnage. Le tout avec une bonne dose d’accent écossais.

Ancien soldat vétéran d’Afghanistan, David Budd est maintenant policier pour le Metropolitain Police Service, à Londres. À bord d’un train, il parvient à déjouer un attentat terroriste en convaincant la kamikaze en puissance de ne pas faire exploser sa ceinture piégée. En récompense, on lui offre de devenir le garde du corps de l’ambitieuse et ultra-conservatrice ministre de l’Intérieur, Julia Montague.

Pour un ex-combattant qui est franchement en colère contre le gouvernement pour l’avoir envoyé se battre sans raison valable dans le désert, là où il a perdu bon nombre de ses compagnons et a subi de graves blessures, protéger une ministre désireuse de transformer le Royaume-Uni en quasi-État policier et prolonger la guerre au Moyen-Orient a quelque chose de particulièrement malsain.

Il s’établira alors une relation particulière entre Budd et la ministre, alors qu’en parallèle, les attentats – ratés ou réussis, selon les occasions – vont se multiplier, renforçant d’autant le climat de paranoïa et de peur dans lequel évoluent les personnages de la série.

Bien entendu, il s’agit ici d’une série télévisée, où le protagoniste n’est d’ailleurs pas un politicien, ni un agitateur politique, ou encore moins un policier, mais plutôt un garde du corps. Les scénaristes ont ainsi dû tourner bien des coins ronds pour éviter que l’ennui ne gagne les téléspectateurs. Après tout, une série véritablement calquée sur les agissements d’un garde du corps ne donnerait probablement que de longues heures d’attente, sans grands chambardements scénaristiques.

Malgré toutes les invraisemblances, on soulignera ici le renversement des codes de pouvoir entre Budd et Montaigue. Après une tentative d’assassinat spectaculaire, les deux deviendront amants. Mais plutôt que de soumettre la ministre au pouvoir de séduction de l’homme, c’est plutôt le contraire qui se produit, avec une relation mêlant force et faiblesse, volonté et passion.

Ironiquement, c’est en voulant éviter les clichés que la série révèle ses propres fondations bancales. Après tout, qui laisserait un garde du corps enquêter sur des cas de possible conspiration en vue de réaliser un coup d’État mêlant les services secrets, les terroristes et le crime organisé? D’autant plus que ledit garde du corps souffre de graves problèmes psychologiques et vit une situation familiale pour le moins tendue…

Cet aspect mis à part, Bodyguard est une série intéressante: d’abord parce qu’elle tente d’éviter les clichés des séries américaines, entre autres avec son penchant pour les résolutions pacifiques de conflits, plutôt que de s’appuyer sur les fusillades ou la violence. Ensuite, parce qu’outre la ministre, la grande majorité des personnes en position d’autorité sont des femmes. Encore une fois, la nouveauté est rafraîchissante.

Les amateurs de conspiration trouveront donc leur compte dans Bodyguard, disponible sur Netflix. À voir!


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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