Dungeons 3: le plaisir de faire le mal

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La vaste majorité des jeux vidéo nous font jouer les héros, mais pour une vraie évasion de la vie quotidienne, rien de tel que sombrer du côté obscur de la Force, et c’est exactement ce que propose Dungeons 3.

J’ai tendance à me comporter spontanément de façon aussi civile et courtoise avec les NPC de Skyrim qu’avec les gens que je rencontre dans la vraie vie. Voilà pourquoi les jeux vidéo qui ne me laissent pas le choix et m’obligent à laisser sortir le vilain en moi ont une place spéciale dans mon cœur, et c’est le cas de Dungeons 3, un titre évoquant une sorte de croisement entre Warcraft (le RTS, pas le MMO) et Overlord. En effet, dans ce jeu de stratégie en temps réel, on incarne nul autre que le Mal lui-même, et notre tâche consiste à semer le chaos et la destruction en sacrant une volée aux elfes, aux licornes, et autres adorables créatures du Royaume enchanté.

Derrière son ton humoristique, ses nombreux clins d’œil à la culture populaire et son narrateur pince-sans-rire qui ne cesse de briser le quatrième mur, Dungeons 3 abrite un jeu de stratégie des plus sérieux, et des plus complexe. Chaque partie débute sous terre, où il faut tout d’abord creuser des galeries et élaborer peu à peu son donjon autour d’un « cœur maléfique ». Grâce à l’or amassé, on peut ensuite financer différentes pièces (salle au trésor, élevage de dindons, dortoirs), et recruter son armée à partir d’une bonne variété de créatures infernales (gobelins, orques, démons, banshees, etc.) possédant chacune leurs habiletés spécifiques.

Image tirée du jeu

Des intrus envahissent parfois notre donjon, mais la plupart du temps, les batailles prennent place à la surface. Lorsqu’on dispose d’une armée satisfaisante, on peut alors passer à l’offensive et se lancer à l’assaut du Royaume. Il est facile de sélectionner les créatures individuelles et de les diriger, d’autant plus qu’elles attaquent par elles-mêmes en présence d’ennemis sans attendre nos ordres. En plus de monter de niveau, nos troupes développent également de nouvelles exigences, et ne soyez pas surpris si les gobelins menacent de faire la grève si vous ne leur construisez pas une cuve où fermenter leur propre bière.

Présenté dans une vue isométrique, Dungeons 3 propose des environnements remplis de détails, et une caméra qui permet de s’approcher substantiellement de l’action lors des combats. Les forêts lumineuses et ensoleillées se transforment sous nos yeux lorsqu’on étend son emprise maléfique sur une région, pour se peupler de grappes d’yeux géants cauchemardesques, ou de gouffres enflammés qui semblent surgir tout droit de l’enfer. Les contrôles sont bien adaptés à une manette de jeu, et le menu radial permet d’accéder rapidement aux options les plus fréquentes (recherche, construction, sorts magiques, créatures, armée, almanach, etc.).

Image tirée du jeu

En plus d’une campagne substantielle d’une vingtaine d’heures, d’un mode « escarmouche » parfait pour les parties rapides et d’un mode en ligne où deux joueurs peuvent s’affronter, toutes les cartes de Dungeons 3 sont générées aléatoirement à chaque partie, ce qui augmente encore sa durée de vie. Comme le jeu nécessite une bonne courbe d’apprentissage pour en saisir les subtilités, il est recommandé de faire le tutoriel, même si celui-ci manque parfois de clarté. Le seul point vraiment négatif du titre est de ne pas offrir d’options pour ajuster les limites d’affichage, et des portions de l’écran étaient rognées dans mon cas, dont le menu du haut affichant la quantité d’or, d’âmes, et autres ressources. Espérons qu’une mise à jour vienne rapidement corriger ce problème qui nuit à une expérience autrement bien polie.

Les jeux de stratégie en temps réel peuvent parfois s’avérer un peu ardus, surtout sur consoles, mais c’est tout le contraire avec Dungeons 3, un RTS qui, sans rien sacrifier de la complexité, utilise l’humour pour livrer une expérience diaboliquement amusante.

7.5/10

Dungeons 3

Développeur : Realmforge Studios

Éditeur : Kalypso Media

Plateformes : Windows, Linux, OS X, PS4 et Xbox One (Testé sur Xbox One)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.