A Man Called Ove: pour l’amour de la grogne

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Jim Chartrand

Feel-good movie suédois relativement simpliste, mais facilement efficace, A Man Called Ove use d’humour et de larmes pour réchauffer le coeur et rappeler que la vie s’apprécie dans toutes ses facettes, et ce, à chaque instant.

La prémisse du vieil homme grincheux, mais au grand cœur, qui cache sa rancœur suite à un élément fatidique du passé qui se dévoilera peu à peu au spectateur, en voilà certainement une qui ne prêche pas par originalité. Pourtant, grâce à d’excellentes performances de sa distribution, en particulier l’électrisant Rolf Lassgård dans le rôle-titre, et une réalisation de qualité aussi élégante que soignée, il s’avère difficile de dire non à la proposition qui nous amène la plupart du temps le sourire aux lèvres.

Oui, une répétition s’insère volontairement dans le parcours narratif et plusieurs finiront par se demander où tout cela peut bien se diriger (une finale larmoyante bien sûr), en plus de faire usage d’un humour noir qui ne sera pas de tous les goûts. Pourtant, on s’attache à la belle galerie de personnages et on a envie de voir comment Ove s’y prendra pour s’enlever la vie et quelle situation singulière il lui ait arrivé dans son passé. Puisque voilà, épuisé de sa solitude et de son combat de plus en plus demandant envers tous les habitants de son petit quartier qui ne respecte pas ses règles, Ove en a assez et veut au plus vite rejoindre sa femme au paradis. Ce qu’il n’avait pas prévu toutefois, c’est la nécessité constante de sesdits voisins à avoir besoin de son aide, lui s’avérant un homme aux ressources plus que multiples.

Bien sûr, le film tente de nombreux discours sociaux, en particulier via la négligence, le capitalisme et les fonctionnaires, et ceux-ci sont loin d’être faits avec la plus grande subtilité. Néanmoins, on finit toujours par ramener l’importance principale sur les relations sociales qui se dessinent ici et sur l’émotion pure pour s’interroger à plus grande échelle sur le sens de la vie et l’importance de vivre sans s’en faire. Le besoin d’apprécier ce qu’on a de pardonner et de ne pas se rendre malade dans la rancune et la colère.

A Man Called Ove est donc loin de révolutionner quoi que ce soit et il est vrai que son parcours jusqu’aux Oscars peut en faire cligner des yeux plus d’un, mais il fait un tel bien que dans des moments plus durs, il fait bon de voir un petit film comme celui-ci, bien plus rassurant que ce qu’Hollywood peut bien vouloir essayer de nous faire avaler par moment.

7/10

A Man Called Ove prend l’affiche en salles ce vendredi 17 février.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...