Navigation : océans

« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? », demandait le météorologue américain Edward Lorenz en 1972. Le fameux effet papillon, hypothèse fondatrice de la théorie du chaos, voulant qu’une variation même infime des paramètres d’un système complexe puisse produire des changements majeurs dans le système, fait des vagues ces jours-ci dans le domaine de l’océanographie.

En seulement huit ans, le Groenland a ajouté plus d’un demi-centimètre d’eau à l’ensemble des océans de la planète. Le résultat d’une accélération de la fonte des glaces qui, pendant ces huit années, a été huit fois plus rapide que pendant les années 1980.

Il y a longtemps qu’on sait que les océans absorbent le gros du trop-plein de chaleur qui résulte de l’effet de serre créé par nos activités. Mais la difficulté a toujours été de mesurer l’impact, en degrés Celsius, de cette absorption — une mesure pourtant fondamentale pour prévoir l’avenir. Or, plus la technologie se raffine et plus le total grimpe.

On a beaucoup parlé cet été de canicules sur les deux continents, mais que signifie une canicule sur l’océan? Il se trouve qu’on en sait fort peu de choses… alors que si, en théorie, elles peuvent perturber la chaîne alimentaire sous l’eau et refaçonner la biodiversité dans une région, il serait temps qu’on s’y intéresse.

Des scientifiques de Caltech et de l’Université du Sud de la Californie (USC) ont découvert une méthode permettant d’accélérer la partie la plus lente de la réaction chimique qui aide, ultimement, à « stocker », ou séquestrer, le dioxyde de carbone dans les océans. En ajoutant une enzyme courante au mélange, les chercheurs ont constaté qu’il était possible d’augmenter la vitesse de cette partie la plus lente de la réaction par un facteur de 500.

La technologie sismique, utilisée par l‘exploration pétrolière et gazière, affecte la survie du zooplancton, soutient une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution. Cette microfaune, nourriture de base de nombreux poissons et mammifères, verrait sa mortalité multipliée par trois lors des travaux d’exploration destinés à pister les réserves de pétrole et de gaz dans le sol de l’océan.

Le plastique n’est certainement pas une bonne chose pour les océans. Mais pour le démontrer, la recherche vient de trébucher: une étude qui, l’an dernier, concluait que les microplastiques nuisaient à la santé des poissons, reposait sur des données « fabriquées ».