Découvrir Lords of Acid en 2026 – un groupe de musique électronique belge formé il y a bientôt 40 ans – semble à la fois relever du voyage dans le passé et de l’expédition intersidérale. Et avec Mundo Bizarro, lancé en version numérique depuis la mi-octobre, et en format physique le mois prochain, nous sommes partis pour un sacré trip.
On ne sait trop comment aborder ce groupe, en fait. Et encore moins cet album, qui débute justement avec une pièce au rythme lancinant, aux percussions presque assourdissantes et aux guitares plus qu’agressives.
Ici, des sonorités tenant de l’électronique résonnent entre nous deux oreilles; là, les coups violents de la musique industrielle. Là encore, quelque chose qui pourrait bien faire penser à du ska, du R&B… Bref, ça part dans tous les sens, avec une énergie clairement nineties. Comme ces premières mesures de Dancing on the Flames qui rappellent, bien étrangement, la musique de cette infâme publicité nous disant que télécharger des films, c’est mal, et que nous ne volerions pas un sac ou une voiture, non?
Rapidement, voilà notre cerveau qui accepte l’invitation au voyage, qui se laisse emporter par ce mariage pourtant terriblement improbable de tous ces sons, de tous ces styles. Tout cela se marie comme le ferait un cocktail de drogues dans un rave tenu à l’intérieur d’un hangar désaffecté. On s’imagine avec des cheveux en pointe, couverts de gel, et probablement quelque chose d’aussi moulant que fluo.


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Et pourtant, après du dance bien méchant qui tonne dans nos oreilles, voilà… de la salsa? Mais de la salsa métal, parce que bien sûr, on nous propose de la salsa métal dans laquelle on aura injecté une forte dose de techno.
Les mots manquent, encore et encore, mais on fait aller la tête en cadence et on tape du pied, possiblement alors que l’on remplit une fort ennuyeuse feuille de calcul dans Excel. Cet album n’aurait pas nécessairement dépareillé dans le film Cours, Lola, Cours, mais nous, nous pensons au prochain rendez-vous virtuel en espérons plutôt aller brûler toute cette énergie quelque part, histoire de faire sortir le méchant.
Et puisque les membres de Lords of Acid semblent aussi connus pour leurs textes provocateurs, voire vulgaires, voilà la pièce You’re Obscene, quatre minutes et 15 secondes de rythmes électroniques conjugués à des paroles inoubliables: You want to fuck my ass, you want to fuck my ass… De la poésie.
En tant qu’objet musical, Mundo Bizarro est plus qu’iconoclaste: il est éclaté, bigarré, étrange; il dérange, il trouble… Mais le résultat vaut plus que la somme de ses parties. C’est une véritable claque. À écouter, impérativement.





