Ils sont nombreux à réclamer du changement et un réinvestissement massif dans la société; d’autres crient au saccage et à la violence. Si les Français sont profondément divisés, dans la foulée des mouvements sociaux des dernières années, une chose est sûre: presque tous s’entendent pour dire que l’économie nationale est à vau-l’eau.
Dans une enquête publiée au début du mois par le Pew Research Center – avant, donc, les manifestations monstres des derniers jours, dans l’Hexagone, y compris celles du 17 octobre –, on révèle ainsi que pas moins de 85% des Français considèrent que l’économie va mal, « soit plus que toute autre nation industrialisée ayant fait l’objet d’un sondage », précise-t-on dans un document d’information.
Ainsi, parmi les 18 pays dont on a sondé les habitants, la France est en tête de liste pour la proportion de répondants ayant une vision négative de l’économie nationale, avec uniquement 14% d’avis positifs.
Suivent ensuite l’Australie (80% d’avis négatifs), la Grèce et le Japon (77%), l’Italie (76%), le Royaume-Uni (75%), les États-Unis (69%), puis le Canada (65%). En Allemagne, en Corée du Sud, en Espagne et ailleurs, la vision de l’économie s’améliore peu à peu, pour atteindre seulement 31% d’avis négatifs en Suède, et 27% à Singapour.
Fait étonnant, en France, les avis sont largement les mêmes, que l’on fasse partie des 18 à 34 ans, ou encore des 50 ans et plus.
Et si les adultes français sans études supérieures sont légèrement plus pessimistes, à propos de l’état de l’économie, la différence avec les groupes ayant davantage d’études est mince, et s’amincit de plus en plus depuis 2022. Ainsi, le groupe moins instruit compte 87% de mécontents, contre 81% chez ceux ayant fait des études supérieures.
Il existe une autre différence; idéologique, celle-là. Ainsi, les partisans de la droite et de l’extrême droite sont plus nombreux à juger que l’économie se porte mal: 92% des Français ayant un avis favorable du Rassemblement national, qui mène présentement dans les sondages en vue de la présidentielle de l’an prochain, pensent que les conditions économiques sont mauvaises, y compris 58% qui estiment que les conditions sont vraiment mauvaises.

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Une litanie de problèmes qui perdurent
Ce ras-le-bol généralisé devant l’état de l’économie s’inscrit dans la foulée de multiples crises, autant politiques qu’économiques, qui secouent la France depuis avant même le début des années Macron. À l’inflation et la crise de la vie chère, symbolisée par le mouvement des gilets jaunes, s’est ajouté un coup de gueule contre le désinvestissement en éducation (le socle des protestations actuelles, avant qu’elles ne prennent de l’expansion) et une impasse politique qui se poursuit.
Depuis les plus récentes élections parlementaires, en effet, le parti du président est minoritaire à l’Assemblée nationale, et doit donc s’allier avec d’autres formations pour espérer faire avancer son programme, y compris l’adoption d’un budget. En raison de nombreux problèmes, le président a notamment multiplié les premiers ministres, et son gouvernement a régulièrement utilisé une procédure parlementaire spéciale pour adopter des projets de loi sans devoir les soumettre à un vote des élus.





