Les jours des grands rendez-vous télévisuels sont-ils comptés? C’est en partie ce qui ressort d’une nouvelle consultation menée par l’Université de Syracuse, qui révèle que chez nos voisins du Sud, 60% des Américains préfèrent consulter leurs nouvelles sur la politique sur les médias sociaux, plutôt que de se tourner vers des chaînes d’information ou des bulletins de nouvelles à la télé.
Autre signe des temps pour les réseaux télévisés, la plateforme YouTube, à elle seule, est la destination de choix pour 16,5% des répondants, lorsque vient le temps de s’informer sur la politique, alors que les réseaux télé traditionnels, eux, obtiennent l’aval de 16,1% des répondants.
L’étude ne mentionne pas, cependant, si l’on parle de médias indépendants diffusés uniquement en ligne et de créateurs de contenus lorsqu’il est question de se tourner vers les réseaux sociaux, pour s’informer, ou s’il est aussi question des reportages produits par les chaînes traditionnelles et ensuite publiés sur le web.
Ce qui est évident, toutefois, c’est que les médias traditionnels, autant télévisuels qu’écrits, ou encore sous la forme d’un site ou application d’infromation, sont encore jugés crédibles: environ le tiers des répondants préfèrent ces deux options.
Les plateformes X, Facebook et Tiktok suivent ensuite, avec respectivement 14,8%, 10,4% et 7,3% des voix.
Les podcasts (3,5%) et les infolettres (1,3%) ferment la marche.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Le sondage révèle également qu’un peu moins des deux tiers des participants « font autant confiance à un créateur de contenu indépendant qu’à une organisation médiatique connue ». Même son de cloche lorsque vient le temps de se fier à un créateur indépendant, ou à un journaliste professionnel.
Cependant, moins de la moitié des Américains (46%) font confiance à un créateur de contenus, même si celui n’a pas de formation traditionnelle en journalisme. Cela pourrait être une preuve que nos voisins du Sud font confiance aux normes et règles entourant la pratique traditionnelle du journalisme, mais que pour eux, la plateforme employée n’importe guère.
D’ailleurs, l’ajout d’un « badge de vérification », sur une plateforme numérique, ne serait pas garant de la véracité et de la fiabilité de la personne qui l’affiche: à peine le tiers des participants disent accorder davantage de crédibilité à une personne rapportant les nouvelles, dans ce cas.
Faire confiance aux plateformes
Autre point important: alors que l’heure semble être à l’utilisation quasi mur à mur de l’intelligence artificielle, y compris pour résumer des nouvelles, les trois quarts des participants à l’enquête rejettent cette façon de faire, et préfèrent voir de véritables humains leur rapporter les faits.
Et pour ce faire, peu importe si la personne sur leur écran est bardée de diplômes, ou non: pour les deux tiers des participants, « rapporter les nouvelles est plus important que les qualifications officielles ».
Par ailleurs, les deux tiers des personnes interrogées affirment que leur confiance envers les contenus varie en fonction de la plateforme où ceux-ci sont diffusés.
Nouvelle indication du fait que le portrait est bigarré: un peu moins de la moitié des Américains (42%) disent se souvenir davantage de courtes séquences, à propos des nouvelles, que de reportages plus longs.
Et à peu près la même proportion d’individus (40%) font autant confiance à des vidéos courtes qu’à un segment télé plus long portant sur le même sujet.
Enfin, il existe des différences marquées, en matière de confiance envers les médias, selon l’affiliation politique des répondants. Ainsi, les Noirs et les républicains font davantage confiance aux médias sociaux pour s’informer. Ces deux groupes font aussi plus confiance aux créateurs de contenus.
À l’opposé, les démocrates – mais aussi les Noirs, paradoxalement – sont davantage du côté des médias traditionnels et des journalistes professionnels. Ceux-ci préfèrent aussi légèrement les voix humaines, plutôt que l’IA, mentionnent encore les auteurs de l’étude.





