Sommes-nous à l’aube d’une gigantesque vague de licenciements provoquée par l’intelligence artificielle? Cela semble du moins être le constat des individus, provenant de 37 pays d’un peu partout dans le monde, qui ont participé à une récente enquête du Pew Research Center.
Le coup de sonde en question révèle ainsi que dans la grande majorité des pays développés, mais aussi des pays dits du « deuxième monde », l’idée que l’IA détruira davantage d’emplois qu’elle en créera est largement répandue. Ce n’est qu’au Nigeria, en fait, que l’idée d’une plus grande création d’emplois, via l’IA, est l’option qui prévaut… Même si les indécis sont en fait plus nombreux.
Notons cependant qu’au Ghana, au Bangladesh, en Turquie et en Inde, les avis sont là aussi passablement partagés.
Sans trop de surprise, c’est dans les pays les plus développés, là où l’informatisation de l’économie est la plus poussée, que l’on trouve la plus grande proportion de gens prévoyant d’importantes pertes d’emplois dans la foulée du développement continu de l’intelligence artificielle.
Au Canada, c’est 61% des répondants qui ont adopté ce point de vue, contre à peine 6% qui croient que l’IA va en fait créer plus de postes qu’elle n’en fera disparaître, et 23% d’indécis.
Chez notre voisin américain, les tendances sont similaires: 71% des participants envisagent des destructions d’emplois, contre 5% qui pensent le contraire.
La situation est largement la même en Australie et en Corée du Sud (76% de répondants croyant à des licenciements massifs), mais aussi en Grèce (68%), au Royaume-Unie (61%), en France (60%), en Pologne (59%), en Italie (55%), ou encore en Allemagne (51%) et au Japon (49%).
Chez l’Oncle Sam, d’ailleurs, les craintes sont de plus en plus marquées: toujours selon le Pew Research Center, la proportion d’Américains inquiets par rapport aux impacts de l’IA sur le marché de l’emploi « a bondi de sept points de pourcentage » en deux ans seulement.
Une question de générations
En plus d’être plus marquée chez les habitants des pays riches, cette crainte de perdre son travail face à l’IA est aussi plus répandue chez les 18 à 34 ans que chez les 50 ans et plus dans ces mêmes nations développées. On parle, ici, d’une différence d’une dizaine de points de pourcentage, en moyenne.
Au Canada, la crainte de perdre son emploi affecte donc 69% des 18 à 34 ans, mais « seulement » 56% des 50 ans et plus, révèle l’enquête.
Là où on trouve davantage d’indécis, c’est lorsque l’on demande à ces mêmes participants si l’adoption de l’IA va accroître le fossé entre les riches et les pauvres. Encore une fois, les répondants vivant dans des pays riches sont plus nombreux, proportionnellement parlant, à répondre par l’affirmative, avec un pic de 54% d’avis allant en ce sens, en Corée du Sud.
Au Canada, la proportion est plutôt de 41%, contre 46% aux États-Unis.
Mais ce qui étonne, en fait, c’est la proportion d’indécis, qui varie très fortement en fonction du pays. Mais dans les pays riches, généralement, environ le quart des répondants, en moyenne, ont choisi de ne pas se prononcer.
Par ailleurs, les spécialistes du Pew Research Center ont constaté que dans huit des pays examinés, les gens se situant plus à la gauche de l’échiquier politique s’inquiètent davantage des inégalités que pourrait alimenter l’IA.
Enfin, la poursuite du développement de l’IA inquiète davantage qu’elle ne suscite de l’excitation dans la majorité des pays industrialisés faisant partie de l’enquête. Soulignons, cependant, que l’on dénombre, pour cette question, un grand nombre de gens se disant aussi inquiets qu’excités. C’est ainsi très largement le cas en Corée du Sud, ou encore à Singapour (61%).





