Premier EP en français et en espagnol de l’artiste montréalaise Thalia Rosaura, Para Ella est une drôle de bibitte. À la fois hommage à ses racines colombiennes, à la fois cri dans la nuit, à la fois main tendue vers l’autre, l’album ose, dérange et, ultimement, séduit.
« J’suis pas d’ici / Pis j’suis pas d’là-bas / Pis tois tu l’as compris / T’es la force de trois », chante ainsi la jeune femme, en évoquant la sempiternelle question de l’appartenance.
Une question qui, malheureusement, est plus que jamais pertinente, en raison de l’utilisation d’arguments xénophobes, de la part de plusieurs politiciens québécois, visant à séparer les supposés « pure laine » des « autres ».
Mais qui sont ces autres, justement? Ici, la chanteuse offre une piste de solution: les autres, c’est nous. C’est tout le monde. L’autrice-compositrice-interprète est-elle moins québécoise parce que sa mère et sa grand-mère viennent de Colombie? Est-elle moins québécoise parce qu’elle chante dans la langue de Molière, mais aussi dans celle de Cervantès?

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Et que dire des inspirations musicales? House, R&B, pop, rythmes latins… Tout cela se télescope dès la première pièce, intitulée Ferrari: d’une atmosphère électronique languissante, on passe à quelque chose d’omniprésent, d’obnubilant, qui prend toute la place.
La musique nous prend ainsi à bras-le-corps, en ne laissant de place pour rien d’autre. Il n’y a, alors, qu’une seule option: celle de se laisser emporter par cette vague musicale, ces différentes compositions aussi nerveuses qu’ambitieuses.
On a donc six pièces; six chansons pour tenter de comprendre tout ce que Thalia Rosaura a cherché à nous faire comprendre. C’est peu, sans doute. Mais le voyage est aussi bref que magnifique. À découvrir.





