Les démocrates – et plusieurs républicains – peuvent pousser un soupir de soulagement: la Cour suprême américaine a maintenu, lundi soir, l’injonction empêchant le service postal américain de mettre en place de nouvelles règles, mises de l’avant par l’administration Trump, qui auraient probablement largement restreint le vote par correspondance.
La décision, rendue à sept voix contre deux, représente un clou de plus dans le cercueil de la tentative du président Trump de « lutter contre la fraude », une raison largement décriée, chez nos voisins du Sud, comme étant un prétexte pour cibler certains groupes votant davantage pour les démocrates, notamment des aînés et des membres de minorités visibles.
À moins de deux mois des élections de mi-mandat, en vue desquelles le Parti démocrate devance largement les républicains dans les intentions de vote – selon les plus récents sondages évoqués par le New York Times, les démocrates ont sept points d’avance pour le contrôle du Congrès –, le président Trump n’a plus l’option de chercher à mettre en place sa stratégie visant à restreindre le vote par correspondance.
Bien qu’il peste depuis son premier mandat contre cette façon de voter, et encore plus depuis sa défaite, parfois à l’arraché, contre Joe Biden en 2020, les cas avérés de fraude électorale, aux États-Unis, sont particulièrement rares.
Cela n’a pas empêché la Maison-Blanche de crier à la fraude à répétition, et à réclamer que les États, qui gèrent le processus électoral, transmettent à Washington des listes d’électeurs « vérifiés »; plusieurs dizaines d’entre eux ont contesté cette règle et ont gagné leur cause devant les tribunaux.
« L’injonction préliminaire va demeurer en place d’ici le scrutin du 3 novembre », a confirmé la League for Women Voters (LWV), dans un communiqué transmis en soirée.
« La nouvelle règle (qui aurait forcé la Poste américaine à gérer et trier des millions de bulletins de vote par correspondance, NDLR) aurait largement privé des citoyens de leur droit de vote », a-t-on ajouté.
« Aujourd’hui, la Cour suprême a refusé de permettre au gouvernement fédéral de plonger nos élections en plein chaos, à quelques semaines seulement du jour du scrutin », a ainsi lancé Celina Stewart, qui est à la tête de l’organisation.
« Il s’agissait d’une tentative extraordinaire d’interférer avec le vote dans les 50 États, et les électeurs n’auraient jamais dûs être placés dans cette position. Les électeurs ne devraient pas se retrouver au coeur d’une guerre politique », a-t-elle ajouté.

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« Les règles ne peuvent pas être ignorées sur un coup de tête du président »
Du côté de l’ACLU, l’Union américaine des libertés civiles, on salue aussi la décision du plus haut tribunal des États-Unis.
« Cette administration continue de tester les limites de son pouvoir, comme si les règles gérant nos élections n’étaient que des suggestions qui peuvent être ignorées lorsque cela fait l’affaire du président », a dénoncé Sophia Lin Lakin, directrice du Voting Rights Project, elle aussi par voie de communiqué.
Sur Facebook, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, n’a pas mâché ses mots: « Le plan de Trump pour compliquer le fait de voter était clairement anticonstitutionnel. La Cour suprême n’avait pas d’autre choix que de prendre la bonne décision. »
Plusieurs élus républicains, à l’échelle des États, mais aussi au sein du Congrès, avaient eux aussi critiqué la volonté du président Trump de restreindre le vote par correspondance.
Cette méthode est en effet aussi largement utilisée par les habitants des régions rurales, par les personnes âgées, et par les membres des forces armées déployés à l’étranger. Toutes des clientèles électorales généralement en bonne partie acquises… aux républicains.
Le New York Times, pour sa part, rappelle que le gouvernement fédéral américain continue malgré tout ses efforts pour tenter de démasquer de présumés cas de « fraude électorale », semant au passage la confusion à propos des résultats éventuels du scrutin, en novembre. Une stratégie déjà utilisée en 2020, qui avait menée à la tentative de coup d’État, le 6 janvier 2021.
Au moment d’écrire ces lignes, en fin de soirée, le président Trump n’avait toujours pas réagi sur sa plateforme, TruthSocial.





