Dans les années 1950, deux parrains de la mafia new-yorkaise, Vito Genovese et Frank Costello, pourtant amis d’enfance, en viendront pratiquement à la guerre ouverte, à l’aube d’une grande transformation pour la pègre. Et dans The Alto Knights, Robert de Niro donnera vie non pas à un seul, mais aux deux chefs gangsters.
Réalisé par Barry Levinson, à qui l’on doit notamment l’irrévérencieux Wag the Dog, mais aussi plusieurs films avec De Niro, dont des films de gangsters, The Alto Knights reprend la formule qui est désormais consacrée: s’inspirer de faits vécus, dépoussiérer des vêtements et des voitures datant de la belle époque de la mafia, et en tirer une oeuvre fleuve – quelque 120 minutes, ici.
Sur papier, cela pourrait fonctionner. Après tout, l’époque où se déroule notre histoire en est une où la mafia commence à peine à s’intéresser au trafic de drogue, et où un certain code d’honneur prévaut encore parmi les bandits.
Ajoutez à cela deux amis qui deviennent peu à peu des ennemis, avec quelques assassinats (ou tentatives de) ici et là, et vous pourriez obtenir quelque chose avec une tension croissante, le tout émaillé de violence, mais aussi d’un certain romantisme, avec ces chefs mafieux en costume, tirés à quatre épingles, qui roulent dans de vieilles et belles bagnoles.

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Mais deux choses gâchent notre plaisir: tout d’abord, la décision de faire jouer les deux rôles principaux par le même acteur est incompréhensible. On peut imaginer une volonté de démontrer que Frank et Vito sont deux facettes d’un même monde, que l’un a beau être l’opposé de l’autre, mais aucun besoin de faire jouer De Niro deux fois; Christian Bale et Heath Ledger l’ont parfaitement bien démontré, dans The Dark Knigth.
Surtout qu’on se dira qu’il est impossible que le même acteur joue les deux rôles, et qu’on passera une bonne partie du film à se dire qu’on a probablement trouvé quelqu’un d’autre de très ressemblant à De Niro, et qu’il s’agit, là aussi, d’un drôle de choix de casting.
Enfin, le film colle peut-être un peu trop à la réalité, dans le sens où il ne s’y passe pas grand-chose. On a une tentative d’assassinat, qui ouvre d’ailleurs le long-métrage, puis un lieutenant de Costello se fait tuer, vers la fin du film, mais autrement, The Alto Knights est une longue succession de dialogues et de monologues, sans qu’il n’y ait vraiment beaucoup d’action. Et de toute façon, même le grand maître du genre, Martin Scorsese, semble être arrivé au bout de ses options, pour proposer des films de gangsters. Peut-on se renouveler, s’il vous plaît?
Bref, The Alto Knights n’est pas un naufrage, loin de là, mais le film ressemble tellement à d’autres oeuvres similaires qu’on ne s’étonnera pas trop de n’avoir aucun souvenir de sa sortie en salles, en 2025.





