Adapté du manga par son créateur, film culte et référence du genre, Akira renaît de ses versions ternies, près de 40 ans après sa naissance. Tous en choeur: Kaaaanedaaaaaaa!
S’il y a un film qui méritait une restauration 4K, c’est bien Akira. Sorti en 1988, il était difficilement disponible sur les plateformes, rarement en version originale sous-titrée et surtout dans de piètres copies. Triste sort pour un chef-d’œuvre devenu culte et établi comme référence, à la fois du cinéma d’animation et des dystopies.
Auteur du manga du même nom, Katsuhiro Otomo a accepté de porter lui-même l’histoire à l’écran, alors qu’il était à mi-chemin de la publication de la version livre. Aussi, l’histoire diffère sensiblement entre les deux médiums.

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Une bande de jeunes délinquants à moto, menée par le charismatique Kaneda, confronte une bande rivale dans Néo-Tokyo, ville ravagée et plus ou moins reconstruite après une monstrueuse explosion. Pendant une (époustouflante) poursuite, un membre de la bande et ami proche de Kaneda, Tetsuo, percute un étrange petit bonhomme, enfant aux airs de vieillard et acquiert des pouvoirs inquiétants.
On comprend par la suite que ce pouvoir qui peut déplacer, littéralement, des montagnes (et des immeubles et des routes et des gens et, tout, finalement) se trouve chez un groupe d’enfants cobayes d’une expérimentation scientifico-militaire. Trois de ces enfants vivent sous haute protection politique et militaire. Deux rebelles, Ryu et Kei, cherchent à les libérer.

Quand les autorités découvrent les pouvoirs de Tetsuo, elles cherchent aussi à l’enfermer pour le maîtriser. Kaneda, qui cherche son ami, se lie à Kei qu’il trouve bien séduisante. Pendant qu’ils mènent cette quête à échelle très humaine, Tetsuo endure les angoisses et douleurs de son nouvel état surpuissant et perd la tête, menaçant tout le monde et toute la ville. Et Akira dans tout ça? C’était l’un des enfants expérimentaux et celui doté de la plus forte puissance destructrice.
L’histoire en soit est forte, passionnante, haletante. Elle est également riche en lectures symboliques. Les références au trauma des bombes atomiques sont évidentes. De même, les critiques sur les risques de mêler science, politique et pouvoir militaire. Enfin, on peut y voir une illustration de l’enfance broyée par l’adolescence qui, elle, mène à une crise profonde d’identité. Du lourd, quoi.
Visuellement, le film est une splendeur. Le dessin d’Otomo est aussi magistral que dans les mangas. La qualité des arrières-plans et de l’animation impressionne encore, malgré les avancées techniques faites depuis 1988. Et il faut absolument parler de la bande originale. Mêlant gamelan indonésien et noh japonais, la musique est entièrement faite sur instruments organiques, sans synthétiseur, contrastant avec l’ambiance futuriste du visuel.
Restauré, donc, présenté en salle, le film nous en met plein la figure en sons et images, on en sort sonnés et il serait dommage de se priver d’une telle expérience.





