Pour améliorer la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des familles, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a une solution qui a fait ses preuves: les investissements dans les transports collectifs.
Selon une étude publiée la semaine dernière, en effet, les dépenses consacrées à l’automobile, qui atteignent un total d’environ 24 milliards de dollars par an, dans le Grand Montréal, s’ajoutent au prix de la congestion croissante – soit 6 milliards en 2023, un peu plus de 2% du PIB métropolitain, ou encore l’équivalent de 2600$ pour chacun des plus de 2 millions de véhicules en circulation.
De l’avis des experts de la CMM, qui ont collaboré avec les spécialistes de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), ce transport par automobile « est un secteur qui s’avère être un facteur d’appauvrissement ».
« Ce mode de transport est coûteux pour les ménages et offre un rendement limité pour la collectivité, générant davantage de coûts que de bénéfices », peut-on lire dans ce rapport intitulé Le transport collectif, un projet économique de société.
« Pour bâtir une économie plus compétitive, attractive, solidaire et résiliente, les modèles de développement et de financement doivent évoluer en faveur du transport collectif. »
Appel aux politiciens
En pleine campagne électorale, où il est pourtant bien peu question de transport collectif, le directeur général de la CMM, Massimo Iezzoni, est clair: il faut non seulement que les transports publics soient financés, mais que cet argent soit fourni selon une structure pérenne et fiable.
Ce faisant, il est possible de planifier à plus long terme, y compris prévoir de grands travaux de construction, comme l’ajout de nouvelles stations de métro, ou encore un possible retour du tramway à Montréal.

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De son côté, la présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce, Isabelle Dessureault, évoque la « libération du plein potentiel économique du Grand Montréal », notamment en permettant aux employés de se rendre facilement et rapidement à leur lieu de travail.
D’ailleurs, les auteurs de l’étude soutiennent, par voie de communiqué, que « le secteur du transport collectif contribue à soutenir 2,5 fois plus d’emplois au Québec qu’une dépense équivalente dans le transport automobile privé », alors que ce dernier « génère 3,8 fois plus de fuites économiques, principalement en importations ».
Des dépenses gigantesques
Dans ces importations, on comptait un total de 30 milliards de dollars pour l’ensemble du Québec, « dont 63% découlent de l’achat de véhicules ». Les auteurs de l’étude ont également recensé 7,4 milliards en pétrole, essence et autres carburants, une somme qui a largement terminé sa course dans les coffres d’entreprises étrangères.
Pire encore, mentionne-t-on encore dans le document, « en 2023, les ménages du Québec ont dépensé 50 milliards de dollars pour des véhicules privés qui sont demeurés largement inutilisés ».
Cet état de fait, dit-on, était connu depuis au moins 2008, alors qu’une grande enquête révélait alors qu’une voiture demeurait stationnée « 95% du temps ». Et depuis ce temps, le recours encore plus marqué au travail pourrait bien avoir fait augmenter cette proportion.
Les auteurs de l’étude évoquent aussi l’aspect polluant du transport automobile, qui génère « 3,5 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre » que le transport collectif.
Et donc, plaident les spécialistes, « chaque dollar investi dans le transport collectif contribue à l’atteinte de plusieurs cibles collectives en matière de développement économique, de santé, d’environnement, d’inclusivité et de mixité sociale ». Raison de plus, disent-ils, pour que les différents partis politiques se faisant actuellement la lutte pour former le prochain gouvernement « s’engagent à adopter un cadre financier pérenne et prévisible pour le transport collectif, un programme structuré de maintien des actifs et un rééquilibrage des investissements en mobilité dès 2028 ».


