Depuis Spoutnik, au début de la course à l’espace, près de 30 000 satellites ont été lancés en orbite de notre planète, ce qui alimente des craintes de plus en plus marquées à propos de la production de débris, en cas de collision.
Dans une nouvelle analyse disponible en prépublication sur le serveur arXiv, Hugh Lewis, un chercheur de l’Université de Birmingham, affirme que les grands groupes de satellites, appelés constellations, peuvent devenir si imposants qu’ils franchissent un seuil au-delà duquel ils génèrent une quantité incontrôlable de débris.
Pour ce spécialiste, il est donc urgent d’adopter un encadrement plus strict, lorsque vient le temps d’approuver, ou non, le lancement d’un satellite en orbite.
Une orbite encombrée
Comme le rappelle le chercheur par voie de communiqué, au cours des cinq dernières années, l’industrie spatiale privée a connu une forte croissance. Cela est dû, en bonne partie, à des entreprises ayant développé de très vastes réseaux satellitaires, ou constellations, pour offrir une connexion internet et d’autres services un peu partout sur la planète.
À mesure que ces réseaux prennent de l’expansion, les autorités réglementaires auraient déjà reçu des demandes pour plus d’un million de satellites supplémentaires.
Mais à mesure que l’orbite de notre planète s’encombre, on craint de plus en plus les risques de collisions. Chaque fois que cela se produit, les satellites peuvent se désintégrer en des milliers de débris, chacun capable de détruire d’autres satellites.
Sans cadre réglementaire plus strict, plaide-t-on, ce problème pourrait représenter un risque grave pour les activités des satellites dont nous dépendons, que ce soit pour la navigation, ou encore les prévision météo.
Jusqu’à maintenant, cependant, lit-on dans l’étude, la plupart des évaluations de risques ne portent que sur un seul satellite à la fois. Cela écarte complètement le risque combiné des constellations, qui pourraient représenter jusqu’à 1,7 million de satellites, si tous les plans actuels reçoivent le feu vert.

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Prédire les débris
Pour combler ce manque d’informations scientifiques, M. Lewis a conçu un modèle mathématique visant à déterminer à quelle fréquence des satellites et des débris passent par un point précis, dans l’espace. Le tout dans le but de savoir à quel point les satellites peuvent éviter les collisions, et à quelle vitesse leur orbite se détériore jusqu’à provoquer leur plongée dans l’atmosphère, une fois leur durée de vie utile terminée.
En s’appuyant sur des données provenant des autorités réglementaires et de plusieurs systèmes de suivi des satellites, le cherheur a appliqué son modèle à 16 constellations de satellites: certaines étant encore à l’étape de la planification, et d’autres déjà placées en orbite.
Dans ce groupe, six constellations dépassent le seuil à partir duquel le nombre de débris est impossible à contrôler, y compris des propositions provenant de la Chine et des États-Unis.
Trois autres projets se trouvent dans une « zone instable », où les débris s’accumulent, mais sans déclencher une perte de contrôle.
Et ce danger de multiplication à toute vitesse des débris spatiaux ne serait pas uniquement lié au nombre de satellites dans un groupe; l’orbite de ces derniers est un autre facteur dont il faut tenir compte, ou encore le fait que certains satellites n’ont simplement pas de moyens d’éviter une collision.
Des solutions simples
Pour réduire les risques de ces dérapages incontrôlables en orbite – avec le risque, dans le pire des cas, qu’on trouve tant de débris, autour de notre planète, qu’il ne devienne impossible de lancer des missions spatiales –, M. Lewis suggère d’apporter des changements mineurs.
Parmi ses recommandations, on trouve l’idée d’augmenter le coefficient de friction des satellites, pour que ceux-ci terminent plus rapidement leur course dans l’atmosphère, ou encore la prolongation de leur durée de vie, ce qui réduirait le nombre d’engins à lancer pour remplacer ceux qui ne fonctionnent plus.





