Qui est le plus apte à lutter contre la désinformation à l’âge de l’IA? Une petite enquête réunissant une centaine d’experts européens en désinformation — des universitaires, des journalistes et des vérificateurs de faits (fact checkers) — conclut que ce sont ces derniers qui sont les moins inquiets.
Bien qu’en moyenne, les trois groupes se perçoivent comme compétents pour faire leur travail malgré la multiplication des contenus générés par l’IA, les vérificateurs de faits expriment une plus grande confiance.
Les trois groupes sont d’accord pour dire que le plus grand risque est qu’une partie du public en arrive (à tort) à conclure à son incapacité de distinguer le vrai du faux. En parallèle toutefois, tous ont tendance à relativiser ces risques: en fait, des recherches antérieures avaient déjà signalé que les vérificateurs de faits tendent à voir la désinformation générée par l’IA « comme une des nombreuses formes de désinformation », pas si différente de celles qu’ils ont l’habitude de rencontrer, et qu’ils « trouvent des façons nouvelles et créatives d’aborder cette tâche en expansion ».

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Alors que la majorité des experts interrogés par ces chercheurs en communications de Belgique et des Pays-Bas s’entendent pour attribuer aux réseaux sociaux une grosse part de responsabilité dans la dissémination de la désinformation, les universitaires semblent avoir plus tendance que les autres à attribuer au public la responsabilité de contrer la désinformation.
Mais au final, un véritable effort ne pourra se faire sans que des décideurs politiques n’interviennent, sous une forme ou sous une autre.
Nos résultats, écrivent à ce sujet les chercheurs, « sont pertinents autant pour les décideurs politiques consultant des experts en désinformation que pour les universitaires étudiant les impacts de l’IA générative ». Pour les uns et les autres, les parcours de chaque groupe influenceront leurs points de vue respectifs sur les futures stratégies « d’atténuation » — atténuation des impacts sur les élections, la santé, l’environnement, ou la confiance du public en général.





