Une décennie après la première saison, une adaptation du roman du même nom de l’inimitable John le Carré, voilà que The Night Manager est de retour pour une deuxième série d’épisodes, toujours avec un certain Tom Hiddleston dans le rôle de Jonathan Pine, un soldat devenu employé d’hôtel de luxe, puis espion.
Après avoir triomphé d’un machiavélique trafiquant d’armes interprété par un Hugh Laurie en grande forme, voilà qu’une dizaine d’années plus tard, notre héros a définitivement quitté l’hôtellerie pour plutôt superviser une équipe travaillant de nuit à surveiller de grands noms du crime faisant escale dans les établissements les plus cossus de Londres.
C’est à cette occasion qu’il reconnaîtra un ancien homme de main de Roper (Laurie), ce qui le mènera à lever le voile sur un bien étrange trafic qui semble s’articuler autour d’armes britanniques expédiées en Colombie, le tout peu de temps avant le 10e anniversaire des accords de paix entre le gouvernement et les FARC.
De là à penser qu’un coup d’État se prépare, il n’y a qu’un pas, et notre protagoniste tentera de faire la lumière sur cette mystérieuse et sombre affaire sur place, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, se joue un autre pan de ce complot international.
En matière d’oeuvres tournant autour du thème de l’espionnage, il y a généralement deux voies que l’on peut emprunter: celle de l’action, comme avec James Bond et Mission: Impossible, et celle de la réflexion, de la subtilité et de l’intrigue, comme avec… John le Carré, justement.
Et dans le cas qui nous intéresse, on tente d’englober ces deux tendances en intercalant, ici et là, des scènes d’action dans ce qui ressemble bien souvent davantage à un drame amoureux qu’à une série d’espionnage.

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En effet, on consacrera beaucoup de temps aux accointances entre notre personnage principal et Teddy, un rév0lutionnaire idéaliste dont la loyauté est finalement franchement vacillante. Il faut dire que tout le monde trahit un peu tout le monde, dans cette histoire – surtout du côté des méchants.
Là où le bât blesse, dans cette deuxième saison du Night Manageer, c’est que l’on connaîtra tous les détails de la conspiration à mi-parcours. Et donc, pour parvenir à la fin du sixième épisode, on nous ajoute des revirements de situation toujours un peu plus improbables – qu’on se garde d’ailleurs bien d’expliquer.
Cela ira jusqu’à la fin, où deux personnages particulièrement essentiels, dans le cadre de cette conspiration pour renverser le gouvernement colombien, sont assassinés, mais que les choses vont pourtant tout de même de l’avant.
À croire, en fait, que l’on a bâti cette saison sur un échange de regards tendus entre les différents personnages… mais sur pas grand-chose d’autre.
Et ce n’est pas que cette deuxième saison du Night Manager soit inintéressante, ou mal réalisée – surtout en ce qui concerne les tournages en extérieur, dans des régions magnifiques de la Colombie. Mais on en vient à s’ennuyer, surtout lorsque l’on constate que le scénario est blindé pour favoriser les méchants, même si cela veut dire nous offrir des choses de plus en plus invraisemblables.





