On fondait, probablement pour les mauvaises raisons, beaucoup d’espoir sur le film Honey Don’t!, une comédie noire réalisée par Ethan Cohen et coscénarisée par ce dernier et son épouse (Tricia Cooke), qui met en vedette Aubrey Plaza (Parks and Recreation) et Margaret Qualley (The Substance). Et malheureusement, le résultat n’est franchement pas à la hauteur des attentes.
Beaucoup d’espoir, oui, mais pour une raison potentiellement très terre à terre: une bonne partie de la promotion de ce film s’articule autour du fait que les personnages de MMes Plaza et Qualley entretiennent une relation lesbienne s’accompagnant de séquences évoquant clairement des ébats sulfureux.
Et sur ce point, impossible de reprocher quoi que ce soit à M. Cohen et à Mme Cooke: les scènes de sexe entre les deux actrices sont bel et bien particulièrement chaudes, y compris un moment franchement audacieux dans un bar, où le personnage de Mme Plaza démontre tout son… doigté.
En un sens, d’ailleurs, il est rafraîchissant d’avoir droit à un long-métrage mettant en vedette non seulement des femmes qui assument pleinement leur sexualité et leurs envies, mais aussi des lesbiennes qui assument pleinement leur sexualité et leurs envies.
Autrement, le film raconte l’histoire d’une détective privée (Qualley) travaillant dans une petite ville située dans le désert californien, et qui se retrouve à enquêter sur une jeune femme retrouvée morte, dans sa voiture, après ce qui semble être un accident de la route.

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Pendant que notre héroïne – la susnommée Honey – se rapproche de Mme Plaza pour faire progresser son investigation (et prendre du bon temps), le dirigeant mégalomane d’une église du coin, joué par un Chris Evans en roue libre, cherche à faire disparaître les liens qui semblent unir la victime et ce qui semble bien être un culte, relations sexuelles avec les paroissiennes comprises.
Beaucoup de sexe – et de meurtres – dans ce film, donc. Ce qui, encore une fois, n’est pas du tout une mauvaise chose.
Là où le bât blesse, c’est lorsque cette intrigue faite de violence, de plaisir et d’une touche de vintage remontant au années 1950 s’effondre au troisième acte, au moment où l’on nous révèle que toute l’histoire concernant le prédicateur joué par Chris Evans, qui comprend des relations avec la pègre et une vamp française aussi mystérieuse que dangereuse, ne servait en fait à rien du tout.
Oui, la chose ajoute de la couleur, mais en prenant du recul, on constate que la moitié du scénario du film est accessoire, et que cette trame narrative se termine en queue de poisson, en nous donnant l’impression que le long-métrage se résume à quelque chose d’inutile et à du sexe lesbien pour épater la galerie. C’est franchement dommage.





