Une partie de la crise climatique est-elle imputable à la façon dont nous transportons et gérons nos eaux usées? C’est du moins ce que semblent affirmer des chercheurs de la City University de Hong Kong, selon qui les égoûts joueraient un rôle dans la production de méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Ainsi, au dire de l’équipe de recherche, les égoûts de la planète émettraient de 1,18 à 1,95 millions de tonnes de méthane, chaque année. La gestion des eaux usées serait ainsi beaucoup plus importante, en matière de lutte contre la crise climatique, et les chercheurs soutiennent qu’il est urgent d’agir afin de réduire ces émissions polluantes, mentionne-t-on par voie de communiqué.
Pour l’équipe dirigée par le professeur Yuan Zhiguo, les instances internationales font donc fausse route en affirmant que les égoûts (et leur contenu) n’entraînent pas la production de gaz à effet de serre, et que leur bilan environnemental n’est donc pas nul.
Après tout, disent les auteurs de l’étude, ces égoûts sont généralement remplis de matière organique biodégradable, et la faible proportion d’oxygène, dans les conduites, représente un environnement particulièrement propice à la production de méthane.
Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont utilisé un modèle informatique appelé SeweX, et effectué près de 3000 simulations selon divers paramètres, en s’appuyant sur des données récoltées dans 21 villes à travers le monde, notamment en Australie, en Chine, aux États-Unis et en Belgique.
Au total, les égoûts seraient responsables d’une hausse de 1,7 à 3,3% de la production planétaire de méthane. Du même coup, dit-on, l’empreinte carbonne de ces infrastructures bondirait de 16 à 38%.
« Nos travaux confirment que les égoûts ne sont pas un environnement non polluant; c’est plutôt une source importante d’émission de méthane, avec des implications majeures en matière de climat planétaire », affirme le Pr Zhiguo.
« À mesure que les réseaux d’égoûts continuent de prendre de l’expansion, leurs émissions de méthane potentielles augmentent elles aussi. Et donc, les inclure dans les systèmes de recension des gaz à effet de serre aidera à améliorer le suivi de la pollution, ce qui nous permettra de progresser vers un avenir plus durable. »





