La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu – et qui ont été signalés à la police – a légèrement reculé, de 2023 à 2024, date des plus récentes données disponibles. Selon Statistique Canada, toutefois, ces crimes demeurent près de 50% plus importants que 10 ans auparavant.
Dans une note d’information publiée la semaine dernière, l’agence fédérale précise qu’en 2024, « les services de police ont déclaré près de 14 500 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, ce qui se traduit par un taux de 36,0 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 habitants ».
Il s’agit d’un recul de 4,2% par rapport aux taux enregistrés en 2023, ainsi que « la plus forte baisse annuelle depuis 2014 ». Mais cela ne vient pas contrer le fait qu’il y a 10 ans, justement, « le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu était 44% moins élevé », soit 25 cas pour 100 000 habitants, indique le document.
Au dire de Statistique Canada, le recul enregistré entre 2023 et 2024 est largement imputable aux villes de l’ouest du pays, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique.

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En fait, des trois grandes métropoles canadiennes – Montréal, Vancouver et Toronto –, seule la Ville reine a recensé une hausse des crimes violents commis avec des armes à feu, entre 2023 et 2024. Si Montréal a connu une augmentation de ces crimes dans la foulée de la COVID-19, en 2020, tendance qui a atteint son pic en 2022, avant de repartir à la baisse, c’est plutôt entre 2021 et 2022 que les deux autres grandes villes ont enregistré leur croissance de ce type de gestes violents.
Mais là où l’augmentation de Vancouver n’était que l’exception confirmant une décroissance, à Toronto, le nombre très élevé de crimes commis avec une arme à feu (45 cas par 100 000 habitants, en 2022), n’a que brièvement diminué, l’année suivante, pour finalement repartir à la hausse, en 2024.
Comme le précise la note d’information de Statistique Canada, il s’agit de la plus forte proportion de ce genre de crimes, en 15 ans, pour cette métropole ontarienne.
À l’échelle nationale, c’est à Terre-Neuve-et-Labrador que la hausse de la proportion de ces crimes s’est avérée la plus importante, avec une augmentation de 31% en un an à peine. L’Ontario suit, avec une hausse de 6,3%, suivi du Québec (+0,8%).
À l’opposé, les plus fortes baisses ont été recensées à l’Île-du-Prince-Édouard (-46%), en Colombie-Britannique (-22%), ainsi qu’en Alberta (-14%).
L’impact du crime organisé
Toujours selon l’agence fédérale, environ le tiers des crimes violents attribuables au crime organisé auraient été commis à l’aide d’une arme à feu, qu’il s’agisse d’une arme de poing, d’une carabine, ou d’un autre type d’arme.
« Les crimes liés aux gangs demeurent relativement rares; ils représentaient 4,0% de l’ensemble des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2024. Cette proportion s’élevait toutefois à 39% pour ce qui est des homicides commis à l’aide d’une arme à feu », souligne-t-on par voie de communiqué.





