L’imitation est la forme la plus sincère de flatterie: l’expression est toujours pertinente, de nos jours, y compris dans le domaine du jeu vidéo. Mais en ce qui concerne Void War, un titre développé et publié par Tundra, cette imitation semble en fait laisser quelque peu la place à un monde indépendant de ses influences, même s’il s’appuie très fortement sur ces dernières.
On pourrait, en fait, s’amuser un peu et parler de Void War, un jeu d’exploration et de tactique, comme d’une version légalement différente de Faster Than Light, l’excellent jeu de Subset Games, et une version tout aussi légalement différente de l’univers de Warhammer 40k.
Nous avons donc un jeu où l’on contrôle un équipage et un vaisseau spatial, à travers divers secteurs d’une vaste dangereuse galaxie, le tout avec une vue tactique où l’on peut interrompre le cours du temps, durant un combat, pour non seulement cibler des zones spécifiques de l’engin adverse, mais aussi indiquer à nos « spationautes » où aller à travers les différentes zones de notre appareil.
Nous avons aussi un monde où l’on parle de troupes impériales, de forces démoniaques, de voyage dans le « Néant » – le Void du titre, bien sûr, mais aussi l’espace entre les mondes dans l’univers de 40k –, de « culte technologique », c’est-à-dire une reformulation du Adeptus Mechanicus, les hommes ressemblant davantage à des robots qui sont notamment installés sur Mars, toujours dans le monde de Warhammer 40k…
On aurait pu croire que Tundra se serait fait poursuivre immédiatement après l’annonce du projet, les gens de chez Games Workshop, qui possèdent la célèbre franchise de Warhammer, n’ayant pas tendance à détourner le regard en la matière, ne serait-ce que pour des films d’animation publiés en amateur sur YouTube, par exemple.
Mais bien franchement, tant mieux si les différences entre les deux mondes sont suffisamment importantes pour éviter tout problème. Car Void War est un bon, voire un très bon jeu.
Bien entendu, il peut être un peu déconcertant, voire un peu décevant de se retrouver en terrain très connu, si l’on a, un tant soit peu, déjà joué à FTL. Les mécaniques de base demeurent les mêmes, tout comme une bonne partie de l’interface, etc. Non, la différence vient surtout de la pluralité des possibilités qui s’offrent à nous.
Oui, FTL, surtout avec sa version avancée, proposait déjà bon nombre de vaisseaux, de membres d’équipage, de surprises scénaristiques, mais ici, on se concentre beaucoup plus sur l’abordage des vaisseaux ennemis et les combats au corps à corps. Cette option est d’ailleurs immédiatement mise de l’avant dans le tutoriel, alors que l’on nous parle de cette barge d’assaut déjà intégrée à notre vaisseau de base, et qui peut emporter deux membres d’équipage vers l’appareil adverse.
À l’instar de FTL, il sera plus « payant » d’éliminer l’équipage ennemi, mais cette fois, pas question, par exemple, de se faire soigner en pleine bataille avant de repartir guerroyer. Du moins, pas dans l’immédiat. Nos astronautes regagnent des points de vie à chaque saut hyperspatial, mais cela nous place devant un dilemme: faut-il risquer le tout pour le tout, ou s’astreindre à combattre à distance, de façon plus sécuritaire, mais en obtenant moins de butin?

De la rejouabilité à revendre
Pour nous convaincre de tenter notre chance, Void War propose une pléthore d’option, avec des dizaines de membres d’équipages différents, des zombies aux combattants blindés, sans oublier la possibilité d’acheter (ou récupérer) et équiper des armes, des types d’armure, des accessoires spéciaux… Et pourquoi ne pas carrément recruter un sorcier du (légalement différent) Chaos? Ses sorts pourraient s’avérer très utiles, mais attention à l’Inquisition!
Bien franchement, on ne s’attendait pas à une telle variété. Si le diable est généralement dans les détails, cette fois, on y trouve plutôt notre compte, avec une très grande rejouabilité. Il faudra d’ailleurs faire preuve d’adresse et d’audace, puisque le jeu s’avère rapidement assez difficile. Qu’à cela ne tienne, les vrais soldats de l’Empereur ne connaissent pas la peur. Ou quelque chose du genre, mais juste assez varié pour éviter les poursuites.
Si Void War est effectivement un titre niché, c’est aussi un jeu qui saura grandement plaire aux amateurs du genre. De quoi nous rappeler qu’il est tout à fait possible d’innover tout en rendant hommage.
Void War
Développeur et éditeur: Tundra
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu non disponible en français





