Vous êtes une survivante, une rescapée de la sinistre et horrible industrie de l’exploitation sexuelle. Et pour vous assurer qu’aucune autre femme n’aura à traverser cet enfer, une seule solution: abattre tous ces enfoirés. Bienvenue dans Better Than Dead.
Développé par Monte Gallo et publié par MicroProse, ce titre est un jeu de tir à la première personne non seulement particulièrement violent, mais qui prend aussi un malin plaisir à ne pas pardonner quelque incartade que ce soit.
Après tout, nous sommes tous sauf un troufion, dans un énième Call of Duty, ou encore un superhéros. Notre barre de vie ne pas magiquement se remplir toute seule. Au contraire, après un coup ou deux, nous voilà expédiée ad patres, et notre mission sera échouée. Il nous faudra alors la reprendre depuis le début. Fort heureusement, normalement, lesdites missions ne durent que quelques minutes. Entrer. Tuer notre cible (et généralement plusieurs hommes de main). Sortir.
Là où les choses se corsent, en quelque sorte, c’est que le point de vue n’est pas directement celui d’une première personne, du moins par selon les codes de l’industrie vidéoludique. En fait, notre vision provient d’une caméra corporelle installée sur la poitrine de notre personnage.


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Si l’idée est intéressante, et évoque entre autres Hardcore Henry, le film d’action et de science-fiction où l’on voit l’action à travers ce qui serait la tête de notre personnage principal, qui multiplie justement les cascades, les fusillades et autres scènes d’action, ou encore l’infâme scène du tout aussi infâme film Doom, l’exécution, cependant, laisse à désirer.
Car l’on comprendra immédiatement que l’imposition de cette vision, avec un objectif fisheye, c’est à dire que l’image se met à courber vers les extrémités, à l’instar de ce que l’on pourrait imaginer pour un poisson, justement, limite la présentation du monde dans lequel nous nous trouvons, et donc notre capacité à nous y mouvoir.
Combinez cela à des espaces particulièrement étroits, et nous obtenons un jeu où l’impression de claustrophobie est particulièrement développée. Tout cela est voulu, bien entendu, pour renforcer l’idée que nous ne sommes pas une guerrière, mais plutôt une héroïne malgré elle.
Cependant, l’exécution laisse franchement à désirer. Notre arme part dans tous les sens, viser tient davantage de la bonne intention que de l’option utile, et le côté bullet time, ce déplacement au ralenti qui avait renversé tout le monde dans Matrix, ou encore dans Max Payne, du côté des jeux vidéo, est ici à l’avenant. D’autant plus que les espaces ne sont pas assez grands pour avoir la vitesse nécessaire pour glisser au sol, ce qui déclenche ce ralenti salutaire permettant de mieux tirer sur les ennemis.
Bref, n’est pas Hard Boiled qui veut, même si l’action du jeu se déroule à Hong Kong.
Ceci étant dit, on comprend l’idée de vengeance, cette volonté d’en découdre le plus vite et le plus violemment possible. Comme si Hotline Miami rencontrait John Woo.
Cependant, Better Than Dead souffre paradoxalement de ce qui lui permet de se distinguer des autres jeux du genre. On en retire un certain plaisir, certes, mais l’affaire laisse aussi, et surtout, un arrière-goût peu ragoûtant.
Better Than Dead
Développeur: Monte Gallo
Éditeur: MicroProse
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu non disponible en français





